
Madagascar accueille, depuis ce lundi, la mission de visite sur site de l’évaluation mutuelle conduite par les experts de l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG).
Prévue jusqu’au 30 juillet, cette étape décisive permettra d’apprécier l’efficacité du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération. Après plusieurs mois de préparation, l’heure est désormais à l’évaluation sur le terrain. Cette mission s’inscrit dans le cadre du troisième cycle d’évaluation des dispositifs de LBC/FT/FP, engagé en novembre 2025 selon la méthodologie du Groupe d’action financière (GAFI). Les experts de l’ESAAMLG examineront la manière dont les réformes engagées ces dernières années sont effectivement appliquées par les différentes institutions concernées. La précédente visite sur site, réalisée en 2018, avait mis en évidence d’importantes insuffisances dans le dispositif malgache. À l’époque, seules 13 des 40 recommandations du GAFI étaient jugées conformes ou largement conformes. Depuis, plusieurs réformes ont été entreprises afin de renforcer le cadre juridique, d’améliorer les capacités opérationnelles des institutions, de développer la coopération internationale et de renforcer la coordination nationale. Ces efforts ont permis à Madagascar d’améliorer sensiblement sa conformité technique. À l’issue des différentes re-notations, le pays compte désormais 29 recommandations conformes ou largement conformes sur les 40 établies par le GAFI.
Efficacité réelle. Outre la conformité des textes, la mission actuelle portera essentiellement sur l’efficacité réelle du dispositif national. Les évaluateurs s’intéresseront notamment à la capacité des autorités à prévenir, détecter, enquêter et poursuivre les infractions liées au blanchiment de capitaux, au financement du terrorisme et au financement de la prolifération. La coopération entre les différentes institutions, ainsi que les résultats obtenus dans les onze résultats immédiats prévus par la méthodologie du GAFI, feront également l’objet d’une analyse approfondie. La visite sur site prendra fin le 30 juillet. Elle sera suivie de plusieurs étapes techniques, notamment la rédaction du projet de rapport, les observations des autorités malgaches, les discussions au sein des instances de l’ESAAMLG, avant l’adoption du rapport final, attendue en août 2027. Parallèlement à ce processus, Madagascar a récemment renforcé son positionnement sur la scène internationale en intégrant officiellement le Groupe Egmont, réseau mondial des cellules de renseignement financier. Une adhésion qui consolide les capacités de coopération du SAMIFIN avec ses partenaires étrangers dans la lutte contre la criminalité financière transnationale.
Recueillis par Nadia R.





