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mercredi, septembre 2, 2026
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Réflexion : Les roitelets de la République

« La manière de faire de la politique n’a pratiquement pas changé. Les voix changent, les visages aussi, mais le discours reste le même que celui des générations précédentes », soupire Adoré Rahajaniaina, observateur de la vie publique âgé de 65 ans. À son âge, il a traversé plusieurs alternances et dispose du recul nécessaire pour mesurer les permanences du système.

Beaucoup de Malgaches partagent ce constat. Les dirigeants se succèdent, mais les mécanismes du pouvoir, eux, semblent figés. Les étiquettes politiques changent au gré des crises, des élections ou des transitions. En revanche, les pratiques, le langage et les rapports de domination donnent souvent l’impression d’une continuité presque inébranlable.

#Le temps passe, les habitudes restent !

« Filoha hajaina », « Raiamandren’ny Malagasy »… Ces formules, parmi tant d’autres, rythment encore les cérémonies officielles. Prononcées sous la Première République, puis largement popularisées durant la Deuxième, elles n’ont jamais quitté le vocabulaire des maîtres de cérémonie, des responsables du protocole et des animateurs des grands événements, qu’ils se déroulent à Iavoloha ou lors d’inaugurations d’infrastructures aux quatre coins du pays. « C’est une marque de respect. Les gouvernants sont considérés comme les pères du peuple », explique Mimoza Bary, ancien animateur très sollicité à son époque lors des visites officielles à Anjiabe, au sud de l’île de Nosy Komba. Derrière cette justification se cache pourtant une réalité plus profonde. Malgré les mutations politiques, une partie de la population continue de se percevoir davantage comme sujet de l’autorité que comme citoyen détenteur de droits. L’héritage est lourd, comme un fardeau. Sous un autre angle, le professeur Jeannot Rasoloarison décrit des dirigeants qui se comportent volontiers comme des « roitelets ». Une attitude qui, selon lui, plonge ses racines dans les modes de gouvernance hérités de la période précoloniale.

#Une affaire de lignées

La colonisation française n’a pas bouleversé cette logique. Elle l’a plutôt recyclée. Pour administrer efficacement les territoires, l’administration coloniale s’est appuyée sur les chefs de village, les ampanjaka et les notables locaux. En échange de leur loyauté, ces olobe ont bénéficié de privilèges qui leur ont permis de scolariser leurs enfants, parfois jusque dans les établissements de la métropole. La suite relève presque de la mécanique sociale. Les fils succèdent aux pères. Les réseaux se transmettent autant que les patrimoines. Ainsi se constitue une catégorie de « gens du pouvoir », pour reprendre l’expression de l’historien et ethnologue Didier Galibert dans Les Gens du pouvoir à Madagascar. État postcolonial, légitimité et territoire (1956-2002) (Karthala, 2009). L’ouvrage montre comment les relations personnelles, les alliances familiales et les intérêts communs façonnent durablement l’exercice du pouvoir, parfois bien davantage que les institutions elles-mêmes. Les régimes passent ; les réseaux, eux, s’adaptent. Le choix de la période étudiée par Galibert n’est d’ailleurs pas anodin. De la veille de l’indépendance à la crise politique de 2002, l’histoire de Madagascar apparaît moins comme une succession de ruptures que comme une étonnante continuité. Les crises donnent l’impression de rebattre les cartes, mais les joueurs restent souvent issus du même cercle.

#Le club des gouvernants

En 46 ans, huit hommes se sont installés à la tête de l’État : l’instituteur Philibert Tsiranana, le général Gabriel Ramanantsoa, le colonel Richard Ratsimandrava, le général Gilles Andriamahazo, le capitaine de frégate devenu amiral Didier Ratsiraka, le professeur Albert Zafy, le juriste Norbert Lala Ratsirahonana et l’entrepreneur autodidacte Marc Ravalomanana. Des profils différents, des parcours variés, des idéologies parfois opposées. Pourtant, tous ont fini par évoluer dans un même univers politique, avec des réflexes souvent comparables. Comme si le système finissait toujours par façonner ceux qui prétendaient le transformer… La fabrication de cette élite, si l’on peut employer ce terme, ne date pas d’hier. De la colonisation à nos jours, les cercles de pouvoir se reproduisent avec une remarquable régularité. Les rivalités affichées masquent parfois une proximité ancienne. « Ils poursuivaient leurs études dans les mêmes établissements. Beaucoup partageaient les mêmes bancs d’école. Ils fréquentaient également les mêmes associations », observe la sociologue Sahondra Elisa Raveloniarivo, spécialiste des élites politiques malgaches.

En somme, à Madagascar, l’opposition et le pouvoir donnent parfois l’impression d’être deux salles d’une même maison. On change de pièce au gré des circonstances, rarement de famille. Et lorsque les rideaux se referment après les discours, les protagonistes continuent souvent de se connaître, de se fréquenter, voire de se retrouver autour des mêmes réseaux. De quoi alimenter cette impression tenace : en politique malgache, les acteurs changent, mais le scénario semble écrit depuis longtemps. Toutefois, il existe également des exceptions qui confirment la règle.

Iss Heridiny

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1 COMMENTAIRE

  1. La société madécasse est avant tout patriarcale même si elle est traitée par certains de matriarcale ; le respect pour ne pas dire la soumission aux anciens ne doit souffrir d’aucune contestation. Il suffit de revoir ces jeunes écervelés de la politique écoutant religieusement les aînes expliquant effrontèment comment il faut faire pour discréditer le régime de Ravalomanana en 2009, et un vieux crétin politicien comme Georges RUPHIN s’est fourvoyé complétement en mentant comme Donald Trump. Nous avons la classe politique que nous méritons. Le général de Gaulle avait sans doute raison de qualifier de SOUDARD le chef d’Etat d’un pays pour le peu de considération qu’il a des noirs. Et les cadres de notre pays sont sans excuse de ne pas oser s’affranchir de cette tutelle que l’ancienne puissance coloniale veut maintenir advitam eternam, par l’envoi de titulaires de BTS pour superviser des ingénieurs. Il est vrai que certains malgaches adorent se faire insulter en langue française, mais si un cadre local se permettait de prendre des mesures disciplinaires ce sera une affaire d’état. Apprenons d’abord à nous respecter, à ne pas faire de la « révolution permanente » dans notre société car il y a un ordre à respecter et à faire respecter. Laissez le vrai jeu démocratique faire son chemin et n’oublions jamais que LES PROMESSES N’ENGAGENT QUE CEUX QUI Y CROIENT !!!!

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