
L’Afrique ne pourra tirer pleinement profit de sa jeunesse sans une profonde transformation de ses systèmes d’éducation et de formation, selon les dirigeants africains, ainsi que les représentants des partenaires internationaux.
Lors des réunions à Banjul, en Gambie, dans le cadre de l’African Caucus 2026, des responsables africains et des représentants de la Banque mondiale ont appelé à mieux aligner les compétences enseignées sur les besoins réels du marché du travail. Les échanges ont mis en évidence le décalage persistant entre les formations proposées et les opportunités disponibles dans les secteurs porteurs. Pour Christian Bodewig, directeur de l’Éducation et des Compétences à la Banque mondiale, le capital humain demeure un moteur essentiel de la croissance, de la productivité et de la transformation économique. Cet enjeu est d’autant plus important que l’Afrique concentrera une part croissante de la jeunesse mondiale à l’horizon 2050. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de consolider les apprentissages fondamentaux, notamment la lecture, le calcul et les compétences socioémotionnelles. Sans ces bases, les jeunes risquent d’éprouver davantage de difficultés à acquérir des compétences techniques, professionnelles et numériques.
Incontournable
Le ministre gambien de l’Enseignement supérieur, Pierre Gomez, a plaidé pour des programmes de formation davantage tournés vers la pratique. Le codage, l’intelligence artificielle, la science des données, la cybersécurité, les énergies renouvelables et l’agriculture durable devraient progressivement intégrer les curricula. Il a également préconisé le développement des stages, de l’apprentissage et des unités de production au sein des établissements. Du côté du Rwanda, le ministre des Finances, Yusuff Murangwa, a appelé à dépasser une approche uniquement quantitative de la scolarisation. Selon lui, les dépenses d’éducation doivent produire des résultats mesurables en matière de qualité des apprentissages et d’insertion professionnelle. Les formations doivent répondre aux besoins immédiats de l’agriculture, de la construction, de la santé, du numérique et des autres secteurs productifs. Mamadou Biteye, secrétaire exécutif de l’African Capacity Building Foundation, a, pour sa part, insisté sur la reconversion et le perfectionnement des travailleurs face aux mutations technologiques. La session a finalement appelé la Banque mondiale et le FMI à proposer davantage de financements concessionnels et d’instruments flexibles. Les pays fragiles ont notamment besoin de formations courtes et de plateformes numériques capables de répondre rapidement aux besoins du marché.
Antsa R.




