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lundi, septembre 7, 2026
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Corruption : L’OIF mise sur la jeunesse pour renforcer l’intégrité à Madagascar

La lutte contre la corruption passe désormais aussi par les amphithéâtres et les salles de classe.

Aux côtés des autorités malgaches, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) intensifie son appui au Bureau indépendant anticorruption (BIANCO) afin de faire de la prévention un pilier de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (SNLCC) 2025-2030. L’objectif de cette approche est de « former une nouvelle génération attachée à l’éthique, à la transparence et à la redevabilité, considérées comme des conditions indispensables à la réussite de la Refondation », affirme-t-on.

L’engagement de l’OIF ne se limite pas à un soutien financier. L’organisation accompagne le BIANCO et le Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI) dans l’actualisation et la mise en œuvre de la SNLCC. Dans ce sens, elle appuie également l’introduction de mécanismes anticorruption dans plusieurs services publics essentiels, notamment l’état civil, afin de renforcer la transparence de l’administration.

L’éducation constitue cependant le principal champ d’action. L’OIF soutient le projet national « Lutte contre la corruption par l’éducation et la jeunesse », qui ambitionne de faire des étudiants des acteurs de la prévention. Ce programme prévoit la formation des jeunes, l’intégration de l’éthique dans les cursus universitaires et la création de clubs d’intégrité dans les établissements d’enseignement supérieur.

Dans cette dynamique, le BIANCO a fait de l’enseignement supérieur un levier stratégique. Le module obligatoire « Lutte contre la corruption » (LCC) est désormais intégré comme unité d’enseignement pour tous les étudiants de master II à l’Université de Toamasina. Officiellement inscrit dans la maquette pédagogique de l’université à l’issue d’un atelier organisé en juillet 2026, ce cours vise à préparer les futurs cadres des secteurs public et privé à exercer leurs responsabilités dans le respect de la transparence, de l’éthique et de la bonne gouvernance.

Après une première phase d’expérimentation, le dispositif est progressivement étendu à d’autres régions du pays sous la conduite du Bianco. Les régions d’Analamanga et de Boeny figurent parmi les premières zones concernées par ce déploiement, qui devrait s’élargir progressivement au reste de Madagascar.

Autre instrument phare de cette stratégie : les « Réseaux d’Honnêteté et d’Intégrité » (RHI). Mis en place dans les établissements scolaires et universitaires, ces réseaux regroupent des élèves et étudiants devenus de véritables « ambassadeurs de l’intégrité ». Leur mission consiste à promouvoir une culture de l’éthique à travers des conférences, des débats, des concours artistiques ou encore des campagnes de sensibilisation contre la triche aux examens, le plagiat et l’achat de notes.

Les RHI interviennent également sur des problématiques plus sensibles, notamment la « sextorsion », une forme de corruption à caractère sexuel. Les clubs encouragent la libération de la parole des victimes, organisent des actions de prévention et mettent en place des espaces d’écoute ou des boîtes à suggestions destinés à recueillir les préoccupations des étudiants.

À travers cet accompagnement, l’OIF entend démontrer que la lutte contre la corruption ne se résume pas aux poursuites judiciaires. Elle commence aussi par la formation des citoyens de demain, afin de faire de l’intégrité un réflexe plutôt qu’une exception.

Rija R.

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