L’ONG internationale Save the Children lance une alerte face à l’aggravation de la situation en matière d’insécurité alimentaire et de malnutrition, avec plus d’un demi-million d’enfants de moins de 5 ans menacés de malnutrition aiguë dans les prochains mois.
« La faim à Madagascar devrait s’aggraver considérablement plus tard cette année, le nombre de personnes confrontées à des niveaux de faim de crise devant augmenter de 75 %, tandis qu’environ un enfant de moins de cinq ans sur dix souffre ou devrait souffrir de malnutrition aiguë », a déclaré Save the Children. Selon la classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC), le nombre de personnes susceptibles d’atteindre le niveau « crise », en termes de faim, entre octobre 2026 et février 2027, pourrait atteindre 3,72 millions de personnes, soit environ 10 % de la population. De même, environ 502 000 enfants de moins de cinq ans, soit un enfant sur dix, ainsi que 21 000 femmes enceintes et allaitantes, devraient souffrir, ou souffrent déjà, de malnutrition aiguë entre mai 2026 et avril 2027, parmi lesquels figurent environ 78 000 enfants qui risquent d’être atteints de malnutrition aiguë sévère, la forme la plus grave et la plus mortelle de malnutrition, nécessitant une prise en charge médicale urgente. Par ailleurs, près de 426 000 personnes devraient se retrouver en situation d’urgence alimentaire, soit plus du double du nombre actuel, rendant nécessaires des actions immédiates pour sauver des vies et préserver les moyens de subsistance.
Selon Save the Children, cette aggravation de la crise alimentaire est alimentée par la période de soudure, la hausse des prix des denrées alimentaires et les chocs liés au changement climatique. « Bien que le nombre d’enfants susceptibles de souffrir de malnutrition aiguë à Madagascar soit légèrement inférieur à celui estimé dans l’analyse précédente de septembre 2025, la crise demeure extrêmement préoccupante compte tenu du nombre élevé d’enfants touchés », souligne toujours l’organisation, déplorant le fait que les enfants sont toujours les premiers et les plus durement touchés lorsque la nourriture vient à manquer.
Financement urgent. Au-delà des chiffres, le quotidien des populations concernées par ces données se traduit souvent par des familles qui peinent déjà à mettre de la nourriture sur la table, des enfants qui se couchent le ventre vide et des mères contraintes de faire des choix impossibles pour maintenir leurs enfants en vie.
« Sans soutien urgent, des centaines de milliers d’enfants supplémentaires risquent de souffrir de malnutrition, de maladies et de conséquences à long terme sur leur développement. Nous ne pouvons pas attendre que les familles soient au bord du gouffre avant d’agir », interpelle alors la directrice pays de Save the Children, Tatiana Dasy. L’organisation appelle la communauté internationale à augmenter le financement humanitaire destiné à l’aide alimentaire, aux services de nutrition, aux soins de santé et aux programmes de renforcement de la résilience climatique en faveur des familles vulnérables, avant que les conditions ne se détériorent davantage pendant la période de soudure.
Recueillis par Hanitra R.




