
Elle n’exercera que pendant quelques semaines. Melanie Higgins connaît le dossier Madagascar, alors qu’elle a été dépêchée par Washington pour diriger une délégation américaine à Antananarivo, en août 2025, afin d’assister au sommet de la SADC.
L’ambassade des États-Unis à Madagascar change une nouvelle fois de visage, sans pour autant retrouver un ambassadeur. Washington a désigné Melanie Higgins, ancienne ambassadrice américaine au Burundi, comme chargée d’affaires par intérim de sa représentation diplomatique à Antananarivo. Cette nomination intervient après le départ, ce mois-ci, de Stephanie Arnold, qui assurait cette fonction depuis mars 2026. La diplomate américaine n’occupera toutefois ce poste que « pendant les prochaines semaines », selon un communiqué de l’ambassade, en attendant la désignation d’un nouvel ambassadeur.
Cette nouvelle transition illustre le prolongement d’une vacance diplomatique qui dure depuis le rappel de Claire Pierangelo à Washington, en janvier dernier. L’ancienne ambassadrice avait quitté Madagascar dans le cadre de la réorientation de la politique africaine de l’administration Trump. Depuis, aucun candidat destiné à lui succéder n’a encore été validé par le Sénat américain, étape indispensable avant toute prise de fonction. Dans un message posté sur les réseaux sociaux de l’ambassade américaine, Melanie Higgins a affiché sa volonté de préserver la dynamique bilatérale. « Je me réjouis de collaborer avec vous dans les semaines à venir afin de consolider les relations déjà étroites entre les États-Unis et Madagascar », a-t-elle déclaré. Forte de près de trente années de carrière diplomatique, elle occupait récemment les fonctions de secrétaire d’État adjointe déléguée aux Affaires africaines. Elle avait notamment conduit la délégation américaine lors du sommet de la SADC organisé à Antananarivo en 2025, signe qu’elle connaît déjà les dossiers malgaches et régionaux.
Nouvelles priorités. L’absence prolongée d’un ambassadeur à Antananarivo ne constitue pas un cas isolé. Plusieurs représentations diplomatiques américaines sur le continent africain demeurent également sans titulaire, notamment, entre autres, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Burundi, au Ghana et au Gabon. Cette situation reflète les lenteurs des procédures de nomination, mais aussi les nouvelles priorités diplomatiques de Washington. À Madagascar, cette représentation diplomatique réduite intervient alors que les relations entre les deux pays traversent une période de réorganisation. L’un des changements les plus visibles concerne désormais les services consulaires.
Depuis ce mois de juillet, le traitement des demandes de visas américains n’est plus assuré à Antananarivo, mais à Johannesburg, en Afrique du Sud. Les ressortissants malgaches souhaitant se rendre aux États-Unis doivent ainsi financer un déplacement en Afrique du Sud avant même d’entamer leurs formalités de visa, une contrainte supplémentaire qui alourdit considérablement le coût d’un voyage vers les États-Unis. Si Washington réaffirme vouloir consolider son partenariat avec la Grande île, l’absence persistante d’un ambassadeur et les nouvelles contraintes imposées aux voyageurs malgaches alimentent les interrogations sur l’évolution concrète de la relation bilatérale.
Rija R





L’ex-Ambassadeur Claire Pierangelo est en retraite depuis mars 2026.
R.A.F!!!!!!
R.A.F