
Un léger mieux pour la filière vanille de Madagascar. Après plusieurs mois de morosité, le marché de la vanille verte affiche des signes de reprise, avec une certaine hausse des prix.
C’est le cas, notamment, dans les régions de la SAVA et de l’Analanjirofo, où le kilo de la verte se négocie actuellement entre 5 000 et 11 000 ariary, atteignant parfois 12 000 ariary dans certaines localités.
Évolution positive
« C’est quand même un résultat encourageant et qui donne un peu d’espoir sur l’avenir de la filière », se réjouit un acteur de la filière, qui estime que les mesures prises dernièrement par les autorités et les opérateurs commencent à porter leurs fruits. Cette évolution positive intervient, en effet, quelques semaines après le lancement du mécanisme de rachat de 600 tonnes de stocks de vanille auprès des exportateurs par l’Alliance Vanille de Madagascar (AVM), en utilisant les 35 millions de dollars environ collectés du temps de l’ancien Conseil national de la vanille (CNV), à raison de 4 dollars de cotisation par kilo de vanille exportée. Une opération qui visait, rappelons-le, à résorber une partie des importantes quantités de vanille restées invendues ces dernières campagnes. En réduisant les volumes disponibles sur le marché, l’AVM espère contribuer à un rééquilibrage de l’offre et de la demande, condition indispensable à une reprise progressive des prix.
À confirmer
Pour les acteurs de la filière, cette hausse constitue avant tout un signal positif. Elle pourrait permettre aux planteurs de mieux valoriser leur production, dans un contexte où les faibles revenus ont pesé sur l’entretien des plantations et sur la motivation des producteurs. Quant aux exportateurs, ils espèrent, à moyen terme, à travers cette hausse, un rééquilibrage de l’offre et de la demande. Une amélioration durable des prix contribuerait également à redonner confiance à l’ensemble des opérateurs. Il reste toutefois à espérer que cette embellie dure dans le temps et ne constitue pas seulement une réaction passagère due à l’effet de cette annonce de prix fixé proposée par l’État. Toutefois, cette embellie reste à confirmer. Plusieurs observateurs estiment, en effet, que l’évolution des prix ne dépend pas uniquement du marché intérieur. Elle dépendra également de la demande sur le marché international, ainsi que de la capacité des différents intervenants à mieux réguler les volumes mis sur le marché. Une hausse uniquement soutenue par une opération de retrait des stocks pourrait s’avérer insuffisante si la consommation mondiale ne suit pas.
R.Edmond.




