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samedi, septembre 12, 2026
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Transition écologique et insertion socio-économique : Plus de 120 000 emplois verts pour redynamiser l’avenir de la jeunesse malgache

Les participants à l’atelier consacré à la validation de l’étude sur le potentiel de création d’emplois verts pour les jeunes.

Une évaluation nationale inédite, dévoilée lors d’une table ronde multipartite à Antaninarenina la semaine dernière, met en lumière un gisement exceptionnel de plus de 120 000 emplois décents liés à l’économie verte. Entre opportunités stratégiques, inclusion des femmes et défis de formation, immersion au cœur d’une transition écologique devenue un impératif de survie économique pour la Grande île.

Le constat social est implacable et les chiffres nationaux font froid dans le dos. À Madagascar, près de 98,5% des emplois occupés par la jeunesse s’inscrivent dans le secteur informel, une précarité systémique à laquelle s’ajoute un taux alarmant de 43,4% de jeunes se trouvant dans la catégorie des NEET, c’est-à-dire sans emploi, hors du système éducatif et privés de toute formation. Cette vulnérabilité frappe encore plus durement la population féminine, qui enregistre un taux critique de 49,5%. C’est précisément pour inverser cette tendance lourde que s’est tenue, du 15 au 17 juillet 2026 à Antaninarenina, une table ronde nationale de trois jours consacrée à la validation de l’étude sur le potentiel de création d’emplois verts pour les jeunes.

Multisectoriel. Cet atelier de grande envergure a été orchestré grâce à une collaboration étroite entre plusieurs entités gouvernementales, notamment le ministère de l’Environnement et du Développement durable, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique, ainsi que le ministère de la Jeunesse et des Sports. L’initiative a bénéficié de l’appui technique et financier conjoint de grandes agences des Nations Unies, à l’instar du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, de l’Organisation internationale du Travail et de l’UNICEF, dans le cadre du projet panafricain et caribéen financé par le Compte de développement des Nations Unies.

Alain Désiré Rasambany, ministre de la Jeunesse et des Sports.

Une synergie multipartite pour relever le défi du siècle

Lors de son allocution, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Alain Désiré Rasambany, a réaffirmé avec force la détermination de l’État à positionner la jeunesse au centre névralgique de la transition écologique nationale. Les décideurs politiques, les experts techniques, la société civile ainsi que les représentants des syndicats et du secteur privé se sont accordés sur le fait que la préservation de l’environnement ne doit plus être perçue comme une contrainte budgétaire, mais bien comme un levier majeur de croissance économique et d’inclusion sociale.

Les deux premières journées de réflexion ont permis de confronter les données purement statistiques de l’évaluation aux réalités vécues sur le terrain par les groupements de jeunes âgés de 15 à 24 ans. Ces échanges croisés ont mis en évidence la nécessité impérieuse de bâtir une économie plus résiliente. Le ministre de l’Environnement et du Développement durable a d’ailleurs rappelé à cette occasion que l’ambition suprême reste de lier intimement la protection du précieux capital naturel malgache à la création de valeur ajoutée immédiate pour les forces vives du pays.

Cinq filières d’avenir à la loupe des experts

L’étude approfondie présentée au cours de cet atelier identifie cinq secteurs d’activité hautement stratégiques capables de générer des opportunités à fort impact. La gestion des déchets solides se positionne en tête de liste avec une projection de 51 000 emplois à créer, suivie de près par le secteur de l’assainissement qui pourrait absorber près de 28 000 jeunes travailleurs. La transformation agroalimentaire durable offre, quant à elle, une perspective de 19 000 emplois, confirmant le rôle clé de l’agriculture de demain.

L’aquaculture présente des prévisions solides avec plus de 17 400 emplois potentiels.

Les opportunités maritimes et touristiques ne sont pas en reste.

L’aquaculture présente des prévisions solides avec plus de 17 400 emplois potentiels, tandis que l’écotourisme, malgré les exigences de sa restructuration, pourrait générer environ 4 700 postes décents. Au total, ce sont plus de 120 000 emplois durables qui s’offrent à la population malgache, à condition que les investissements suivent une trajectoire coordonnée.

L’économie bleue et le trésor des mangroves

Lors d’un panel spécifiquement dédié aux ressources marines, le Directeur général de l’Économie bleue a captivé l’auditoire en exposant les perspectives exceptionnelles de la filière maritime. Au-delà des chiffres impressionnants de l’aquaculture, la restauration et la gestion communautaire des mangroves se révèlent être l’un des segments les plus rentables et les plus rapides en matière de création d’emplois verts directs. Cette filière présente le double avantage de sécuriser les revenus des populations côtières vulnérables et de dresser un rempart naturel indispensable contre les effets dévastateurs du changement climatique sur le littoral malgache.

Le défi des compétences et le cap des engagements

Si les chiffres s’avèrent prometteurs, les obstacles structurels demeurent nombreux sur le chemin de la concrétisation. Les participants à la table ronde ont longuement débattu des freins majeurs actuels, insistant sur le déficit criant de compétences adaptées aux nouvelles exigences écologiques. L’accès limité aux formations techniques spécialisées et l’absence de mécanismes financiers souples pour accompagner l’entrepreneuriat des jeunes constituent des barrières majeures, particulièrement pour les jeunes femmes et les personnes en situation de handicap.

Pour dépasser ces blocages, la journée du 16 juillet s’est clôturée par un acte fort avec la signature d’engagements contractuels liant l’administration publique, les syndicats, la société civile et les partenaires internationaux. Cette démarche collective s’inscrit en ligne droite avec le Pacte mondial pour les emplois verts pour les jeunes, une coalition internationale qui vise à matérialiser ces promesses. Les ateliers de clôture ont traduit ces recommandations en une feuille de route nationale de coordination interministérielle, marquant le véritable coup d’envoi d’un avenir plus vert et plus juste pour la jeunesse malgache.

Narindra Rakotobe

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