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vendredi, septembre 25, 2026
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Coupures d’électricité : Suspicion d’actes de sabotage à la Jirama

La Jirama fait part de son inquiétude face à la multiplication d’incidents inhabituels ayant entraîné de nombreuses coupures d’électricité sur le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA).

La succession d’incidents inhabituels affectant ces derniers jours la production et l’acheminement de l’électricité commence à susciter des interrogations au sein de la Jirama. Après le black-out qui a plongé Antananarivo dans le noir dimanche soir, la société d’État évoque désormais ouvertement des faits jugés « inquiétants » et annonce la mise en place d’un comité mixte chargé de faire la lumière sur leur origine.

Le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA) vient de traverser une série de perturbations aussi diverses qu’inhabituelles. Lors d’une conférence de presse organisée hier au siège de la Jirama, à Ambohijatovo, son directeur général, le général Hajatiana Rasolomanana, a fait part de ses préoccupations face à l’enchaînement de plusieurs incidents techniques et logistiques ayant directement affecté l’approvisionnement en électricité. Le cas le plus spectaculaire est survenu dimanche soir. Antananarivo a subi un black-out total pendant près d’une heure après l’explosion, puis l’incendie d’une cellule Moyenne Tension à la centrale HFF d’Ambohimanambola. L’incident a entraîné l’arrêt du poste d’interconnexion et, par conséquent, une coupure massive sur le RIA. Selon les explications fournies, la cellule concernée se trouve juste en dessous des équipements recevant l’énergie en provenance de la centrale hydroélectrique d’Andekaleka. Une configuration qui aurait pu donner une tout autre ampleur au sinistre si le feu n’avait pas été rapidement maîtrisé. « C’est la première fois qu’un événement de ce type se produit à Ambohimanambola », a indiqué le directeur général de la Jirama. Pour les responsables de la compagnie, cette situation interpelle d’autant plus qu’elle intervient quelques jours seulement après un autre incident ayant fortement perturbé l’approvisionnement du RIA.


Camion immobilisé. La semaine dernière, un camion tombé en panne à Behintsy aurait ainsi bloqué la circulation pendant plus de 24 heures sur un axe utilisé par les camions-citernes destinés à ravitailler la centrale thermique en carburant. Le retard d’approvisionnement avait réduit la disponibilité des groupes de production et entraîné des coupures, faute de puissance suffisante. Pris isolément, chacun de ces événements pourrait relever d’un incident technique ou logistique. Leur succession rapide conduit toutefois la direction de la Jirama à s’interroger. Le général Hajatiana Rasolomanana a ainsi fait état de faits « préoccupants », sans pour autant conclure, à ce stade, à l’existence d’un sabotage. Un comité mixte d’enquête a été mis en place hier. Il associe notamment des représentants des forces de l’ordre et de la Justice. Sa mission sera de déterminer précisément les causes des différents incidents et d’établir, le cas échéant, les responsabilités.


Facturation d’une énergie non livrée. Ces événements interviennent par ailleurs dans un contexte tendu entre la Jirama et certains de ses fournisseurs privés d’électricité. Les chiffres présentés par la compagnie font apparaître des écarts importants entre les puissances nominales prévues et les capacités réellement disponibles. À Antsiranana, ENELEC affiche ainsi une puissance nominale de 28 MW, alors que la puissance effectivement disponible serait limitée à 5,3 MW, dont 4,4 MW provenant du HFO et 0,9 MW du LFO. À Mahajanga, la puissance nominale annoncée atteint 42,42 MW, contre seulement 20,2 MW disponibles. Même constat à Toliara, avec 24 MW de puissance nominale contre 11 MW disponibles, tandis qu’à Toamasina, ENELEC disposerait de 13,63 MW réellement disponibles sur une puissance nominale de 41,73 MW. Toujours dans la capitale de l’Est, VESTOP afficherait actuellement une puissance disponible nulle, alors que la puissance nominale prévue atteint 6 MW. Selon la Jirama, ces écarts n’auraient pas connu d’amélioration notable, malgré les récentes mises en garde des autorités et l’annonce d’investigations sur les contrats liant la compagnie publique aux producteurs privés. La direction estime ainsi supporter financièrement des contrats particulièrement défavorables lorsque les capacités convenues ne sont pas effectivement disponibles.


Renforcement de la production. Face aux déficits enregistrés dans plusieurs villes, la Jirama affirme parallèlement mobiliser ses propres moyens afin de soutenir la production. La compagnie indique avoir notamment injecté 5,6 MW supplémentaires à Antsiranana, 8,6 MW à Mahajanga et 5 MW à Toamasina. Le déficit resterait actuellement de l’ordre de 0,2 MW à Antsiranana et de 7 à 10 MW à Toamasina. La Jirama insiste toutefois sur le fait qu’elle ne qualifie pas systématiquement ces coupures de délestages, plusieurs perturbations étant directement liées à des incidents techniques ou à l’indisponibilité de moyens de production. Dans le même temps, les autorités tentent également de répondre à l’impact de la sécheresse sur la production hydroélectrique. Des opérations d’ensemencement des nuages auraient notamment été menées à deux reprises durant le week-end. Entre déficit de production, fournisseurs incapables de délivrer la totalité des puissances attendues et multiplication d’incidents jugés inhabituels, la situation énergétique reste donc sous haute surveillance. L’hypothèse d’un sabotage demeure, à ce stade, une suspicion et non un fait établi. Les résultats de l’enquête du comité mixte seront désormais déterminants pour savoir si cette succession d’incidents relève de malheureuses coïncidences ou d’actions délibérées.

Antsa R.

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