Quatre mois, enfin presque, après la démission du secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), les récents événements justifient le bien-fondé de son projet phare.
Note verbale
« Madagascar souhaiterait soumettre respectueusement une demande de remplacement de Monsieur Edgard Razafindravahy, actuel secrétaire général de la Commission de l’océan Indien, en raison de divergences de vues significatives et de situations susceptibles de générer un conflit d’intérêts, et ce, dans le souci de préserver la neutralité, l’impartialité, la crédibilité et le bon fonctionnement de l’organisation », telle était la teneur de la note verbale adressée à l’organisation intergouvernementale par le ministère malgache des Affaires étrangères pour justifier sa volonté de résilier le bail de quatre ans du locataire de la COI à Ebène (Maurice), actée unanimement le 15 juillet 2024 par les États membres, à l’occasion de la session extraordinaire du conseil des ministres de la Commission de l’océan Indien.
Participation de la jeunesse
Quatre mois après son départ, force est de constater que la situation à Madagascar justifie les « vues » de l’ancien SG, qui avait lancé de nombreux projets au niveau régional. Entre autres, et non des moindres, le projet « Gouvernance, Paix et Stabilité ». Comme son sigle l’indique, c’est un véritable GPS dans la préservation de la paix et de la stabilité dans l’océan Indien, y compris dans la Grande Île où la psychose règne à cause des récents événements marqués par une série de disparitions et d’enlèvements, suivis parfois de mort d’hommes et/ou de… femmes. Essentiellement des jeunes qui constituent « des leviers pour la paix et la démocratie », disait Edgard Razafindravahy, avant même l’émergence du mouvement Gen Z. « La participation de la jeunesse est primordiale pour garantir une paix durable », avait-il fait savoir dès sa prise de fonction en juillet 2024.
Volet sécurité
Deux ans après, les faits attestent du bien-fondé des « vues » du SG sortant, qui considérait « la COI comme un acteur incontournable dans la préservation de la paix dans l’océan Indien ». Qui plus est, outre le GPS, brûlant d’actualité (au propre comme au figuré), d’autres projets portés par Edgard Razafindravahy concernaient la sécurité, qui comporte plusieurs volets, liés les uns aux autres. De la sécurité sanitaire, à travers le réseau SEGA – One Health pour une santé publique plus résiliente, à la sécurité maritime, vitale pour la région. Sans oublier la sécurité alimentaire, qui était au cœur de son demi-mandat. « Je propose la création d’un espace agricole de la COI. Un espace où nous pourrons ensemble mettre en valeur nos terres de manière collaborative », prônait-il. Des terres arables qui se trouvent en grande partie à Madagascar, qui ne peut que profiter d’un éventuel « conflit d’intérêts » – si conflit d’intérêts il y a – de par sa position dominante grâce à sa vaste superficie cultivable, où l’on ne risque pas de se perdre avec le projet « Gouvernance, Paix et Stabilité ». Un GPS qui aurait contribué au traçage, voire à la traque, des véhicules 4 x 4 ayant servi aux enlèvements de personnes.
R.O


