
À Ambalakazaha, une scène hors du commun a surpris les personnes de passage. Le 25 juillet, ce samedi, ce ne sont pas des slogans ou des discours qui ont pris possession de l’espace public, mais des comédiens. La troupe Etweky a opté pour le théâtre de rue comme moyen de sensibilisation grâce à sa représentation. Malgré les rires, les échanges et les mises en scène, un message de grande importance civique était dissimulé : l’incitation à l’inscription sur les listes électorales, surtout pour les jeunes. Un moyen de souligner que la démocratie ne se forge pas seulement au moyen du vote, mais réellement dès la réalisation de cet acte administratif fréquemment perçu comme banal.
La ville de Varatraza est une cité moderne, vivante et en constante croissance. D’après les informations en notre possession, cette agglomération abrite près de 762 000 âmes. Les femmes constituent 50,2% de la population, tandis que les hommes en composent 49,8%. Cette expansion démographique se conjugue à une présence significative de jeunes, destinés à devenir les principaux intervenants dans les décisions politiques futures. Cependant, cette puissance numérique ne se transforme pas systématiquement en une implication citoyenne proportionnelle aux défis. Entre désintérêt, ignorance des procédures ou sentiment d’éloignement vis-à-vis des institutions, l’inscription sur les listes électorales reste un challenge.
Liberty 32, une association malgache de volontaires à but non lucratif, s’illustre précisément dans ce domaine en s’investissant dans la valorisation de l’engagement civique et politique. Outre son engagement dans les questions électorales, l’association se bat aussi pour améliorer la gouvernance, renforcer l’État de droit, favoriser l’autonomisation des femmes et des jeunes, et encourager l’esprit de bénévolat. Sa vision est limpide : œuvrer pour l’avènement d’une citoyenneté engagée, consciente de ses droits et de ses devoirs. Cette mobilisation s’inscrit dans le projet DRIVE (Dynamisme des Ressources Indianocéaniques par la Voix des Jeunes Engagés). L’initiative vise à renforcer l’engagement en faveur de la démocratie et de la paix de jeunes leaders issus des organisations de la société civile malgache. Le projet est appuyé par le programme Gouvernance, Paix et Stabilité de la Commission de l’océan Indien, avec le soutien financier de l’Agence française de développement. Pour Tianjara, l’un des initiateurs de cette action, il s’agit de bien plus que d’une simple sensibilisation. « Notre devoir est de faire bouger les choses. Il est essentiel que les jeunes reconnaissent leurs droits, mais aussi les responsabilités qui y sont associées », dit-il. Le metteur en scène Reydellet partage également le même degré de satisfaction, considérant cette expérience comme une démonstration que la culture peut servir d’instrument puissant pour favoriser l’engagement citoyen. « Il assure que cette collaboration ne se terminera pas ici », ajoute-t-il.
À Ambalakazaha, le spectacle a pris fin lorsque le rideau est tombé. Cependant, le véritable spectacle, celui d’une jeunesse qui s’installe progressivement dans son rôle au sein de la vie démocratique, n’est peut-être qu’à ses débuts.
Iss Heridiny


