Premier accroc dès la deuxième journée des travaux de concertation nationale des jeunes au CCI Ivato. Les jeunes de la « Refondation » ont eu des positions divergentes sur les modalités de représentation des délégations régionales.
Risque d’éternelle crise cyclique
Ce genre de dissension n’augure rien de bon pour la suite du processus de concertation nationale, qui a besoin de l’unité de toutes les forces vives de la nation, sans distinction de tendances politiques, pour trouver une issue heureuse à la transition actuelle et mener le pays vers des élections libres et inclusives. Cette première dissension soulève plusieurs interrogations sur la conduite du vaste processus de refondation nationale. En effet, si des désaccords apparaissent dès les concertations sectorielles, avant même le lancement des concertations nationales proprement dites, ils pourraient fragiliser le climat de confiance indispensable à un dialogue inclusif. La stabilité des règles du jeu et le respect des engagements constituent, en effet, des éléments essentiels pour assurer l’adhésion des différentes parties prenantes. Cette séquence rappelle également que la réussite de la refondation ne dépendra pas uniquement du contenu des recommandations, mais aussi de la manière avec laquelle les consultations sont organisées. Toute perception d’improvisation ou de changement unilatéral des règles, est susceptible d’alimenter les frustrations et de remettre en cause la légitimité du processus de refondation. Sur ce point, d’ailleurs, ce ne sont pas les volte-face qui ont manqué depuis le début du règne de Michaël Randrianirina. On rappelle, par exemple, qu’aux premières minutes du « coup de force » qui lui a permis d’entrer dans le palais, déjà vide, d’Ambohitsirohitra, le colonel avait promis la dissolution de toutes les institutions, avant de se raviser et de maintenir l’Assemblée nationale et la Haute Cour constitutionnelle. Quoi qu’il en soit, ces dissensions préalables et autres non-respects des engagements initiaux enregistrés depuis le début du régime actuel risquent, tout simplement, de fragiliser le processus de refondation et, partant, de maintenir le pays dans cette situation malheureuse d’éternelle crise cyclique.
R.Edmond.


