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samedi, septembre 26, 2026
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Projet d’État fédéral : Risque de fracture entre Régions

La question de la forme de l’Etat a suscité d’âpres débats au CCI Ivato.

Le débat sur la forme de l’État pourrait favoriser les clivages entre les régions, au détriment de l’unité nationale.

Basculement

Les débats autour de la forme de l’État étaient particulièrement houleux durant la concertation nationale des jeunes, qui s’est déroulée la semaine dernière au Centre de Conférence Internationale d’Ivato. Le ton est monté d’un cran entre les défenseurs d’un État unitaire et les partisans d’un État fédéral. Certains représentants des régions ont même été attaqués sur les réseaux sociaux. Les échanges et discussions, durant cette concertation des jeunes, démontrent que le sujet est loin d’être maîtrisé par les forces en présence, avec des relents régionalistes qui risquent de mettre en péril l’unité nationale. En effet, ce sont principalement les régions côtières qui réclament haut et fort le basculement vers un État fédéral, estimant que, dans la forme actuelle de l’État, le pouvoir est fortement concentré à Antananarivo.

Balkanisation

Bon nombre d’observateurs estiment que, vu le tempérament des Malgaches, la menace de dérive ou de dérapage sécessionniste n’est pas à écarter. Un changement à 180° de la forme de l’État requiert une longue période de sensibilisation et de préparation, à la fois psychologique et technique. Et ce, dans la mesure où il pourrait y avoir un risque de fracture entre les différentes régions, voire de balkanisation de la Grande île. Les barrages anti économiques qui ont marqué la crise politique de 2002 pourraient refaire surface si le processus n’est pas bien préparé. Pour l’heure, on remarque que les débats autour de ce sujet font l’objet de calculs politiques de toutes parts. Bon nombre de citoyens, y compris certains participants à la concertation nationale des jeunes, ne savent même pas qu’un éventuel changement de la forme de l’État nécessite une réforme constitutionnelle et doit impérativement passer par un référendum. C’est certainement la raison pour laquelle le PRRM a mis les points sur les « i » durant la cérémonie de clôture de cet évènement, en annonçant que le dernier mot appartient au peuple par voie référendaire.

Manipulations

Pour leur part, les proches du pouvoir de la Refondation affichent clairement leur penchant vers l’instauration d’un État fédéral. Le député élu à Mahajanga I, Afakandro Christian, l’une des grandes figures de ce régime, avait exprimé publiquement sa position, tout en dénonçant l’existence de manipulations politiques et d’achat de voix lors de cette concertation des jeunes. « Prenez leur argent mais optez pour l’État fédéral », a-t-il déclaré sur son compte Facebook la veille du vote au CCI Ivato. Par ailleurs, le vice-président de l’Assemblée nationale ne s’est pas empêché d’attaquer ouvertement l’ancien président Marc Ravalomanana, qui avait fait part de son choix pour l’État unitaire. « L’État unitaire vous permettrait de continuer le monopole et d’éviter de payer vos dettes (ndlr : une allusion aux impôts impayés de l’ex-Président), ainsi que le détournement de 40 000 milliards fmg par an », a déclaré Afakandro Christian dans une publication sur les réseaux sociaux. Une attaque très virulente qui risque de raviver les tensions entre « Dada » et les dirigeants du régime en place.

Fiaraha-mitantana

On constate en tout cas une divergence flagrante de points de vue entre la Refondation et le fondateur de l’Empire Tiko à propos de la question de la forme de l’Etat. Et ce, même si les deux camps font du « fiaraha-mitantana » au sein du système actuel, dans la mesure où des membres du TIM font partie de l’équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison. Qui plus est, Marc Ravalomanana s’affiche ces derniers temps aux côtés du colonel Michaël Randrianirina, comme pour montrer leur alliance dans la perspective de la tenue du dialogue politique. Une alliance plus ou moins fragile, compte tenu du désaccord sur certains sujets, mais aussi à cause des ambitions affichées par les deux personnalités. Nul n’ignore en effet que l’actuel locataire d’Iavoloha et le président fondateur du TIM sont deux candidats potentiels aux prochaines élections présidentielles. Au vu du rapport de forces actuel sur l’échiquier politique, notamment avec le TIM, qui dispose de bases politiques solides à travers le pays, et les partisans de l’ancien président Andry Rajoelina, qui forment une grande majorité silencieuse, faire passer l’Etat fédéral par le biais d’un référendum constitutionnel n’est pas gagné d’avance pour le régime de la Refondation.

Davis R

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1 COMMENTAIRE

  1. Qu’il s’agisse d’un Régime parlementaire ou d’un Etat fédéral, cela conduit inéluctablement à une limitation des pouvoirs du Président de la République qui, dans un Etat unitaire, est le vecteur par excellence de la confiscation du pouvoir par le Gouvernement central. Cela se traduit par l’élection du Président de la République au suffrage universel indirect (grands électeurs) comme dans tout Régime parlementaire et Etat fédéral qui se respecte.
    Or, à cet instant T du débat pour la Refondation de la République, personne n’évoque le mode d’élection du futur Chef de l’Etat comme si celui-ci continuera d’être élu au suffrage universel direct, pratique instaurée à Madagascar depuis la réélection du Président Philibert TSIRANANA, le 30 mars 1965.
    Il se trouve que les crises politiques successives, de 1972 à 2025 en passant par 1991, 2002,2009,2019 et 2025, se sont focalisées autour du Président de la République, indéboulonnable en raison de son élection au suffrage universel direct. Depuis, les renversements de Régime ont été l’aboutissement de manifestations de rue, exception faite de l’empêchement du Président Albert ZAFY en 1996 que je qualifierais de Coup d’Etat constitutionnel malgré que cela fut une leçon de démocratie comme le disait son ancien Premier Ministre feu Francisque RAVONY.
    Cette crise institutionnelle n’aurait pas eu lieu si les rédacteurs de la Constitution avaient tenu compte de l’esprit de la Résolution de la Concertation Nationale de l’époque, déjà sous l’égide de la FFKM, qui préconisait un Régime parlementaire avec un Président de la République confiné à un rôle de Ray aman-dReny.
    J’espère que, cette fois-ci, l’Assemblée constituante réclamée par les Jeunes, ne tombera pas dans le piège qui se profile tout en attirant l’attention sur la nécessité de mettre des balises afin de stabiliser le Pouvoir exécutif.

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