« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». C’est, en substance, la teneur de la loi française de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, qui a été insérée, quasiment mot pour mot, dans l’ordonnancement juridique interne malgache.
Mettre une croix sur la laïcité de l’État
Cette loi, qui acte la neutralité de l’État vis-à-vis de toutes les religions, a été fortement influencée par la franc-maçonnerie. Une société secrète qui est suspectée de se livrer à des sacrifices humains au sein de son temple à Ivandry. Presque au moment même où la laïcité de l’État a été sacrifiée sur l’autel du Tobilehibe d’Ankaramalaza, quoique « le principe de la séparation des affaires de l’État et de ses institutions religieuses et de leurs représentants » soit édicté par la Constitution. Celle de la Quatrième République, qui reste et demeure en vigueur jusqu’à l’adoption, par voie référendaire, de la future loi fondamentale de la Cinquième République, qui mettra vraisemblablement une… croix sur certaines dispositions. Entre autres, celles de l’article premier, qui dispose que « le peuple malagasy constitue une Nation organisée en État souverain, unitaire, républicain et laïc ». Si l’État unitaire risque de laisser la place à un État fédéral composé d’un conglomérat d’États fédérés séparés les uns des autres, l’État ne serait plus, en revanche, séparé de l’ensemble des Églises. La non-immixtion consacrée par la Constitution de 2010 pourrait être remplacée par « la collaboration » entre les deux entités, comme n’a de cesse de prêcher celui qui est à la tête de l’État. La laïcité est abrogée de fait. Ou plutôt par le fait du Prince, pour ne pas dire de « Dadatoa Michaël », qui a octroyé un don de 40 millions Ar à Ankaramalaza, comme il l’a fait auparavant au profit d’autres cultes, malgré la loi de 1905 dont l’équivalent n’a pas été extirpé de la législation malgache.
R.O


