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samedi, septembre 19, 2026
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Projet d’État fédéral : Risque de fracture entre Régions

La question de la forme de l’Etat a suscité d’âpres débats au CCI Ivato.

Le débat sur la forme de l’État pourrait favoriser les clivages entre les régions, au détriment de l’unité nationale.

Basculement

Les débats autour de la forme de l’État étaient particulièrement houleux durant la concertation nationale des jeunes, qui s’est déroulée la semaine dernière au Centre de Conférence Internationale d’Ivato. Le ton est monté d’un cran entre les défenseurs d’un État unitaire et les partisans d’un État fédéral. Certains représentants des régions ont même été attaqués sur les réseaux sociaux. Les échanges et discussions, durant cette concertation des jeunes, démontrent que le sujet est loin d’être maîtrisé par les forces en présence, avec des relents régionalistes qui risquent de mettre en péril l’unité nationale. En effet, ce sont principalement les régions côtières qui réclament haut et fort le basculement vers un État fédéral, estimant que, dans la forme actuelle de l’État, le pouvoir est fortement concentré à Antananarivo.

Balkanisation

Bon nombre d’observateurs estiment que, vu le tempérament des Malgaches, la menace de dérive ou de dérapage sécessionniste n’est pas à écarter. Un changement à 180° de la forme de l’État requiert une longue période de sensibilisation et de préparation, à la fois psychologique et technique. Et ce, dans la mesure où il pourrait y avoir un risque de fracture entre les différentes régions, voire de balkanisation de la Grande île. Les barrages anti économiques qui ont marqué la crise politique de 2002 pourraient refaire surface si le processus n’est pas bien préparé. Pour l’heure, on remarque que les débats autour de ce sujet font l’objet de calculs politiques de toutes parts. Bon nombre de citoyens, y compris certains participants à la concertation nationale des jeunes, ne savent même pas qu’un éventuel changement de la forme de l’État nécessite une réforme constitutionnelle et doit impérativement passer par un référendum. C’est certainement la raison pour laquelle le PRRM a mis les points sur les « i » durant la cérémonie de clôture de cet évènement, en annonçant que le dernier mot appartient au peuple par voie référendaire.

Manipulations

Pour leur part, les proches du pouvoir de la Refondation affichent clairement leur penchant vers l’instauration d’un État fédéral. Le député élu à Mahajanga I, Afakandro Christian, l’une des grandes figures de ce régime, avait exprimé publiquement sa position, tout en dénonçant l’existence de manipulations politiques et d’achat de voix lors de cette concertation des jeunes. « Prenez leur argent mais optez pour l’État fédéral », a-t-il déclaré sur son compte Facebook la veille du vote au CCI Ivato. Par ailleurs, le vice-président de l’Assemblée nationale ne s’est pas empêché d’attaquer ouvertement l’ancien président Marc Ravalomanana, qui avait fait part de son choix pour l’État unitaire. « L’État unitaire vous permettrait de continuer le monopole et d’éviter de payer vos dettes (ndlr : une allusion aux impôts impayés de l’ex-Président), ainsi que le détournement de 40 000 milliards fmg par an », a déclaré Afakandro Christian dans une publication sur les réseaux sociaux. Une attaque très virulente qui risque de raviver les tensions entre « Dada » et les dirigeants du régime en place.

Fiaraha-mitantana

On constate en tout cas une divergence flagrante de points de vue entre la Refondation et le fondateur de l’Empire Tiko à propos de la question de la forme de l’Etat. Et ce, même si les deux camps font du « fiaraha-mitantana » au sein du système actuel, dans la mesure où des membres du TIM font partie de l’équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison. Qui plus est, Marc Ravalomanana s’affiche ces derniers temps aux côtés du colonel Michaël Randrianirina, comme pour montrer leur alliance dans la perspective de la tenue du dialogue politique. Une alliance plus ou moins fragile, compte tenu du désaccord sur certains sujets, mais aussi à cause des ambitions affichées par les deux personnalités. Nul n’ignore en effet que l’actuel locataire d’Iavoloha et le président fondateur du TIM sont deux candidats potentiels aux prochaines élections présidentielles. Au vu du rapport de forces actuel sur l’échiquier politique, notamment avec le TIM, qui dispose de bases politiques solides à travers le pays, et les partisans de l’ancien président Andry Rajoelina, qui forment une grande majorité silencieuse, faire passer l’Etat fédéral par le biais d’un référendum constitutionnel n’est pas gagné d’avance pour le régime de la Refondation.

Davis R

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