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vendredi, septembre 25, 2026
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Traite humaine et cybercriminalité : Madagascar face à un défi de souveraineté sécuritaire

L’émergence de centres d’escroquerie à Antananarivo révèle une mutation profonde des réseaux criminels internationaux.

Entre traite humaine, cybercriminalité et relocalisation stratégique vers l’Afrique, Madagascar se retrouve en première ligne d’un phénomène global en recomposition. En effet, la menace évolue, et le pays en subit désormais les premiers impacts visibles. Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), « en Afrique, des pays comme Madagascar et l’Ouganda constatent une augmentation du nombre de centres d’opérations d’escroquerie ». Un signal d’alerte qui s’inscrit dans une dynamique mondiale, selon laquelle, sous pression en Asie du Sud-Est, les réseaux criminels déplacent leurs activités vers de nouveaux territoires jugés plus permissifs.

Signaux

Antananarivo, cette mutation prend une forme concrète. Les forces de l’ordre ont identifié plus de huit « scam centers » opérant dans et autour de la capitale. Deux d’entre eux ont été démantelés, révélant une organisation structurée mêlant fraude en ligne et exploitation humaine. Plus de 75 ressortissants étrangers, victimes de traite, ont été recensés. Plus tôt cette année, l’ambassade de Chine à Madagascar avait déjà émis une alerte, évoquant la relocalisation de criminels organisés venus reconstituer leurs réseaux. Une indication supplémentaire que la Grande Île s’insère désormais dans une géographie mouvante de la cybercriminalité.

Souveraineté

Face à cette menace hybride, la riposte malgache reste encore en construction. Les opérations ciblées témoignent d’une volonté d’agir, mais elles mettent aussi en lumière des limites structurelles, telles que le manque de moyens spécialisés, une coordination perfectible et un cadre réglementaire encore vulnérable. Le recours à l’appui international, notamment celui de l’ONUDC, souligne le caractère transnational du phénomène. Mais au-delà de l’urgence sécuritaire, c’est bien une question de souveraineté qui se pose. La Grande île doit adapter ses dispositifs pour faire face à une criminalité désormais mobile, technologique et organisée à l’échelle globale. Sa capacité à contenir cette mutation déterminera si elle parvient à endiguer le phénomène… ou si elle s’impose durablement comme un nouveau maillon des réseaux criminels internationaux.

José Belalahy

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