
Le président de la Chambre basse s’inscrit en faux contre les rumeurs de dissolution de l’Assemblée nationale et du bureau permanent qui circulent sur les réseaux sociaux.
Climat de provocation. Il qualifie de « tsaho » les bruits autour de la dissolution de l’Assemblée nationale. « Be hozatse » dément de toutes ses forces les ouï-dire sur son éventuelle destitution du perchoir de l’Hémicycle de Tsimbazaza. « La convocation de tous les députés a un lien direct avec l’examen du rapport et des travaux des commissions d’enquête parlementaire concernant tout particulièrement la Jirama », selon Siteny Randrianasoloniaiko. Il réfute de même l’existence de désaccords au sein de l’Assemblée nationale. Répondant également aux critiques et appels à sa démission du poste de président, il demande à ce qu’on produise, à cette fin, des preuves. L’actuel président de la Chambre basse déclare à haute voix qu’il est « contre toute manœuvre de division des Malagasy ». Il exhorte tout un chacun à éviter de faire régner un climat de provocation entre les Malagasy.
Saisine de la HCC
L’homme fort de Tsimbazaza met l’accent sur « l’importance pour l’Assemblée nationale de continuer à assumer ses fonctions », en s’appuyant sans doute sur la décision de la Haute Cour constitutionnelle du 14 octobre 2025 concernant une requête aux fins de résolution sur une sortie de crise politique. Siteny Randrianasoloniaiko était d’ailleurs l’initiateur de la lettre de saisine de la HCC, qui avait amené cette dernière à constater la vacance des postes de président de la République et de président du Sénat, ainsi que l’impossibilité pour le gouvernement en place de remplir les fonctions de président de la République. Un double constat qui avait conduit – au propre comme au figuré – « l’autorité militaire compétente incarnée par le colonel Michaël Randrianirina Michaël, à exercer les fonctions de chef de l’Etat ». Avec interdiction pour l’autorité qui supplée le président de la République de faire application des articles 60, 100, 103, 162 et 163 de la Constitution.
Socle constitutionnel. L’article 60 dispose notamment que « le président de la République peut, après information auprès du Premier ministre, et après consultation des présidents des Assemblées et du Cercle de Préservation du Fihavanana, prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale ». Un pouvoir de dissolution de la Chambre basse qui n’est pas reconnu au PRRM. Sans parler du fait qu’il n’y a plus de présidents du Sénat et du CFM. Quant au président de l’Assemblée nationale, on l’imagine mal cautionner le sabordage de sa propre institution et, partant, de sa propre personne. « Les institutions et organes constitutionnels en place continuent d’exercer leurs fonctions », d’après la décision du 14 octobre 2025, qui constitue le socle constitutionnel du pouvoir du PRRM et la base légale du régime de la Refondation. Elle ne peut être remise en cause, car « les arrêts et décisions de la HCC sont motivés ; ils ne sont susceptibles d’aucun recours. Ils s’imposent à tous les pouvoirs publics ainsi qu’aux autorités administratives et juridictionnelles », d’après l’article 120 de la Constitution. Celle-là même que le PRRM a juré solennellement de respecter le 17 octobre 2025, il y aura bientôt un an de cela.
R.O




