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dimanche, octobre 4, 2026
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Midirama : Le courant, le pétrole et la paix

Au Moyen-Orient, la guerre s’enlise Dans le détroit d’Ormuz, chaque navire devient un enjeu de puissance En Colombie, la terre a tué par centaines Aux États-Unis, les élections aiguisent les appétits politiques En Chine, l’électricité traverse le pays sur plus de 3 000 kilomètres Et à Madagascar, on importe du gasoil pour tenter de maintenir les lumières allumées Un même fil rouge traverse ces événements : la puissance se mesure désormais à la capacité de contrôler l’énergie, la sécurité et les infrastructures.

L’Iran et les États-Unis restent profondément divisés sur les conditions d’une fin durable de la guerre L’accord provisoire conclu en juin peine à être relancé Les appels au dialogue d’Antonio Guterres n’y changent rien, pour l’instant Le Secrétaire général de l’ONU peut appeler à la négociation, encore faut-il que les puissances concernées acceptent de parler plutôt que de compter leurs missiles.

Et voilà que Téhéran durcit encore le ton autour du détroit d’Ormuz L’armée iranienne affirme qu’aucun navire ne peut y passer sans son autorisation Le message est limpide : celui qui contrôle le passage contrôle une partie du robinet énergétique mondial Pendant ce temps, la Chine construit une autre puissance À Changji, dans le Xinjiang, à l’ouest du pays, une gigantesque ligne à courant continu à haute tension de ±1 100 kV transporte l’électricité sur plus de 3 000 kilomètres vers l’Est de l’Empire du Milieu Une artère énergétique qui relie des territoires, des industries et des marchés Là où d’autres dressent des barrières, Pékin construit des connexions.

Car pendant que les puissances mondiales jouent aux échecs, les peuples, eux, paient les factures En Colombie, le séisme a fait 265 morts, 3 494 blessés et a laissé 496 personnes portées disparues Plus de 53 000 personnes ont été touchées Une catastrophe rappelle brutalement qu’au-delà des stratégies géopolitiques, il existe une réalité plus simple : celle des vies humaines.

Ici, au pays, une cargaison d’environ 64 000 tonnes métriques de gasoil en provenance du Nigeria est arrivée à Toamasina pour alimenter les centrales de la Jirama L’objectif est de sécuriser la production pendant la période d’étiage et, surtout, d’éviter le retour des délestages à répétition Car il ne faut pas avoir la mémoire courte Les coupures de courant ne sont pas qu’un problème technique Elles peuvent devenir un problème politique Les grognes provoquées par les délestages ont largement contribué à la crise qui a emporté un régime l’année dernière Le gasoil importé n’est donc pas seulement du carburant C’est aussi du temps acheté Du temps pour réhabiliter les infrastructures, améliorer la distribution, renforcer la production et, surtout, restaurer la confiance.

Mais jusqu’à quand faudra-t-il importer du carburant pour produire de l’électricité dans un pays qui dispose d’un potentiel hydroélectrique considérable ? La vraie bataille ne consiste pas seulement à éviter le prochain délestage Elle consiste à sortir définitivement du cycle : panne, colère, cargaison, répit, nouvelle panne Ailleurs, les grandes puissances pensent déjà en décennies La Chine construit ses autoroutes énergétiques Ici, l’État doit encore traquer des établissements d’enseignement supérieur clandestins Là encore, le problème dépasse la simple fermeture administrative Une nation ne construit pas son avenir avec des diplômes délivrés par des structures opérant dans l’illégalité L’enseignement supérieur est une infrastructure aussi stratégique qu’une centrale électrique.

Et puis il y a Ihosy Un militaire a été retrouvé mort par balle, vers 3 h 30 du matin, dans les toilettes du camp du Bataillon d’infanterie Il venait d’achever une mission dans le cadre de l’opération « Riri 2026 » Un coup de feu Un corps Des interrogations La prudence impose de laisser l’enquête établir les faits Mais une mort par balle dans une enceinte militaire ne peut être traitée comme une banalité Dans un pays marqué par les crises politiques et les tensions sécuritaires, chaque incident de ce type exige vérité, transparence et rigueur.

Rija R.

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