La ratification, le 10 août 2026, de l’amendement de Kigali au Protocole de Montréal marque une nouvelle étape dans l’engagement climatique de Madagascar.
De l’engagement diplomatique aux résultats mesurables
En rejoignant les 172 autres Parties ayant ratifié, accepté ou approuvé cet amendement, la Grande Île s’engage à réduire progressivement sa consommation et sa production d’hydrofluorocarbures (HFC), avec un objectif de baisse de plus de 80% à l’horizon 2045. L’enjeu est loin d’être uniquement environnemental. Les HFC, largement utilisés dans les équipements de réfrigération et de climatisation, ne détruisent pas directement la couche d’ozone, mais certains possèdent un très fort potentiel de réchauffement climatique. Leur réduction constitue donc un levier important de la lutte contre le changement climatique.
Pour Madagascar, le plus difficile commence cependant maintenant. La ratification devra se traduire par des mesures concrètes, comme le contrôle des fluides frigorigènes, l’évolution des équipements, le développement d’alternatives moins nocives et la formation des techniciens. Le secteur de la réfrigération et de la chaîne du froid sera directement concerné, tout comme les importateurs et les utilisateurs d’équipements.
Cette transition aura nécessairement un coût. Mais elle peut devenir une opportunité de moderniser le secteur du froid et d’améliorer son efficacité énergétique. Les financements prévus dans le cadre du Protocole de Montréal, à cet égard, sont déterminants pour accompagner les entreprises et les professionnels. La ratification de Kigali ne constitue donc pas un aboutissement, mais le point de départ d’une transformation. Pour Madagascar, le véritable enjeu sera de convertir l’engagement diplomatique en résultats mesurables sur le terrain. La crédibilité de cette ratification se jouera désormais dans sa mise en œuvre pratique.
R.Edmond.



