Péril en la demeure, les brûlots (kitay menaka) sont là, prêts à embraser l’édifice économique et social du pays. Oui, d’un côté, le gouvernement, en raison de l’urgence énergétique et devant résoudre au plus tôt le problème d’approvisionnement en carburant de la Jirama, un brasier latent qui couve un embrasement sociopolitique du pays, a importé de son propre chef une cargaison de carburant destinée « exclusivement » à la Société nationale.
De l’autre côté, le GPM (Groupement des pétroliers de Madagascar) exprime « son inquiétude face au bouleversement du dispositif d’approvisionnement en carburants au port de Toamasina. L’arrivée de deux tankers dans la même période, conjuguée à la réquisition des capacités de stockage du terminal pétrolier par l’État, soulève des interrogations sur la réception des cargaisons et la continuité de la distribution ».
L’arrivée simultanée des deux cargaisons peut générer des contraintes physiques communes aux deux circuits : quai, déchargement et stockage. Ce que les logisticiens appellent un goulot d’étranglement, avec comme conséquence une pénurie.
Une pénurie inflammable
Le délestage, on le sait, entraîne un mécontentement muable, facilement en émeute, voire un soulèvement populaire ; une pénurie de carburant est tout aussi dangereuse. Imaginons que les stations-service ne puissent pas subvenir aux besoins des transporteurs de biens et de personnes : les conséquences économiques et sociales seraient aussi dommageables pour la paix sociale.
Ainsi, si l’on ne veut pas que tout brûle, il faudrait une concertation, suivie d’une coordination des actions des deux entités (politique et économique). Mais, comme toujours, chacun veut tirer à soi les couvertures : il est plus que jamais indispensable de penser vraiment à l’intérêt général avant qu’il ne soit trop tard.
M.Ranarivao




