
La Grande île compte désormais un géant de plus. Grâce à l’officialisation de l’« Adansonia bozy », Madagascar porte à sept son nombre d’espèces de baobabs endémiques, confirmant son statut de berceau mondial de ces arbres millénaires.
Et de sept espèces de baobab pour Madagascar avec l’« Adansonia bozy ». Dans un communiqué officiel fin juillet, le jardin botanique du Missouri, aux États-Unis, annonce que la Grande île vient d’ajouter une 9e espèce de baobab à celles répertoriées à travers le monde. Le nouveau décompte est donc de sept pour Madagascar, d’une pour l’Afrique et d’une autre pour l’Australie. C’est une découverte majeure, similaire à celle d’un nouveau vaccin. Vers la fin des années 90, des chercheurs majeurs ont arrêté la liste à huit espèces existantes dans le monde. « Le genre Adansonia comprend huit espèces : A. digitata d’Afrique continentale, A. gregorii d’Australie, et six espèces endémiques de Madagascar (A. grandidieri, A. madagascariensis, A. perrieri, A. rubrostipa, A. suarezensis et A. za) », expliquait David Baum dans « A Systematic Revision of Adansonia » (1995). Puis tout le monde s’est quelque peu résigné, jusqu’à fin juillet 2026. Ces mêmes chercheurs confirment que Madagascar est le berceau de toutes les espèces de baobab, qu’il s’agisse de celle d’Afrique ou de celle d’Australie. Pour faire court, ces « déplacements » s’expliquent aujourd’hui par les aléas climatiques et les courants marins. Ce qui confirme encore plus les études de référence des scientifiques sur cet arbre multiséculaire. « Les baobabs ont pris naissance à Madagascar il y a environ 21 millions d’années, avant de se disperser par la suite vers l’Afrique continentale et l’Australie par dérive océanique », relatent Jun-Nan Wan, Sheng-Wei Wang, Andrew Rowland Leitch et Ilia Josephine Leitch dans « The rise of baobab trees in Madagascar » (2024). La nouvelle venue dans la liste, l’« Adansonia bozy », a été découverte dans la région du Sambirano, dans le nord-ouest, non loin des cultures de cacao et d’ylang-ylang. Toutefois, à cause de la déforestation, elle est déjà classée « en danger critique d’extinction ». À peine trouvée, et déjà des risques de disparaître à jamais. Sauf si, comme pour les lémuriens ou d’autres espèces, des organismes ou des zoos occidentaux ne décident d’emmener quelques têtes chez eux, à travers des échanges dollars contre primates aussi opaques qu’un trou noir.
Maminirina Rado




