
Entre manque d’emplois, inadéquation des formations et progression de l’informel, des milliers de jeunes malgaches peinent à trouver leur place dans l’économie.
Le paradoxe est saisissant. Madagascar peut afficher un niveau de chômage qui semble relativement contenu lorsqu’on regarde uniquement l’indicateur classique. Mais dès que l’analyse se concentre sur les jeunes, le tableau change radicalement. Selon les données d’Afrobaromètre issues d’une enquête menée en 2024, « 42% des 18-35 ans déclarent être sans emploi et à la recherche d’un emploi, contre des proportions nettement inférieures chez les générations plus âgées », Le problème tient d’abord au déséquilibre entre l’offre et la demande. En effet, des milliers de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail, alors que les opportunités disponibles restent très insuffisantes.
Refuge
Cette situation révèle surtout les limites d’un marché du travail incapable d’absorber une population jeune et de plus en plus instruite. L’enquête Afrobaromètre de 2024 relève d’ailleurs que 55% des jeunes ont atteint le secondaire ou le post-secondaire, mais qu’ils sont simultanément beaucoup plus exposés au chômage. Pour le pays, le véritable problème ne se résume toutefois pas à l’absence d’emploi. Il concerne aussi la qualité des emplois accessibles. Lorsque l’emploi formel est rare, l’informel devient le principal recours.
Exclue
Par ailleurs, le décalage entre formation et besoins des entreprises accentue cette situation. Les jeunes citent notamment le manque de formation adaptée, l’absence d’expérience et l’inadéquation des qualifications parmi les principaux obstacles à l’emploi. Le risque dépasse donc la seule question économique. Une jeunesse durablement exclue de l’emploi peut alimenter la pauvreté, la migration et la frustration sociale. L’urgence n’est donc plus seulement de réduire le chômage, mais de créer suffisamment d’emplois productifs, formels et correctement rémunérés pour transformer le poids démographique de la jeunesse en véritable dividende économique.
José Belalahy




