
L’extraction aurifère se poursuit sur plusieurs sites de production, notamment à Mananjary, et ce, malgré la suspension de la délivrance des permis d’exploitation depuis 16 ans.
Si des efforts ont été déployés par les autorités, à tous les niveaux, pour lutter contre l’orpaillage illégal, cette activité n’a pas pour autant cessé tandis que la saisie de matériels et d’équipements a montré ses limites. Face à ce constat, le ministère en charge des Mines déploie une nouvelle stratégie en procédant à la réouverture des demandes de permis d’exploitation aurifère. En contrepartie, tout demandeur est tenu de signer et de respecter un cahier des charges strict. Le paiement des contributions sociales et la mise en œuvre d’actions de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) figurent également parmi les conditions obligatoires à remplir.
Permis révoqués
En outre, l’État a classé l’or parmi les ressources stratégiques afin de pouvoir intervenir et contrôler l’ensemble des opérations d’extraction. Les opérateurs désireux de se lancer dans la filière pourront également conclure un contrat de partenariat avec l’État, une initiative destinée à garantir une meilleure organisation et un suivi rigoureux des exploitations. Concernant les titulaires de permis qui commettraient délibérément des infractions ou ne respecteraient pas la législation en vigueur, le ministère de tutelle prévient que leurs permis seront révoqués de plein droit et que leurs matériels et équipements seront confisqués.
Par ailleurs, la formalisation des exploitants utilisant des équipements lourds constitue une autre mesure majeure prise par l’État pour générer davantage de retombées économiques au profit de la population locale, notamment dans le district de Mananjary. Parallèlement, dans la région Betsiboka, plus précisément dans la commune rurale d’Antanimbary, une campagne de sensibilisation a été menée par le ministère des Mines auprès des orpailleurs artisanaux. L’utilisation du mercure y est désormais strictement interdite afin de protéger la santé des acteurs de la filière, tout en optimisant la production. La formalisation de ces exploitants demeure également une priorité pour garantir la traçabilité de l’or tout au long de la chaîne de valeur, depuis son extraction et sa vente auprès des comptoirs de l’or jusqu’à son exportation.
Navalona R.




