
La communauté malgache établie aux Comores hausse le ton. Dimanche dernier, des centaines de ressortissants se sont rassemblés à Moroni pour exiger l’ouverture d’une ambassade de Madagascar. Une revendication forte, portée par une diaspora estimée à près de 20 000 personnes, qui se sent aujourd’hui oubliée par les autorités centrales. Banderoles en main et slogans évocateurs, les manifestants ont rappelé une réalité quotidienne jugée « pénible ». Actuellement, les Malgaches de l’archipel dépendent d’un simple consulat honoraire, les obligeant souvent à multiplier les démarches complexes. Passeports, visas, actes d’état civil : l’absence d’une représentation diplomatique de plein exercice pèse lourdement sur leur quotidien.
Pourtant, les liens entre les deux pays ne sont plus à démontrer. Proximité maritime, mariages mixtes, échanges commerciaux et dynamisme estudiantin font des Comores une terre d’accueil naturelle. « Nous travaillons, nous étudions, nous investissons. Nous avons besoin d’un État présent pour nous accompagner », confie, amer, un participant. Du côté d’Antananarivo, la diplomatie de voisinage est souvent brandie comme une priorité. Le ministère des Affaires étrangères a déjà évoqué par le passé un redéploiement du réseau diplomatique dans l’océan Indien, mais l’attente se fait longue. Pour les 20 000 compatriotes de Moroni, l’heure est désormais venue de passer des paroles aux actes. Reste à savoir si ce cri du cœur saura trouver un écho favorable auprès du pouvoir central.
Julien R.




