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dimanche, octobre 18, 2026
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Investissements publics : Renforcement de la préparation et de la sélection des projets pour plus d’impacts

Au-delà de la préparation du Budget 2027, une évolution plus profonde de la gestion des investissements publics se dessine : moins de dispersion, davantage de priorisation et une exigence accrue d’impacts économiques et sociaux mesurables.

Financer davantage ne suffit plus. Le véritable défi est désormais de s’assurer que chaque investissement public réponde à un besoin réel, soutienne l’activité économique et produise des effets perceptibles dans la vie quotidienne. C’est dans cette logique que le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) renforce la préparation, la sélection et le suivi des projets, en mettant davantage les priorités régionales au cœur de la programmation budgétaire. L’orientation indiquée vise désormais des projets qui partent des besoins du terrain et non plus seulement des arbitrages effectués depuis la capitale. Cette orientation se dessine à travers les Conférences budgétaires régionales (CBR) 2026, officiellement lancées vendredi dernier à Miarinarivo, dans la région Itasy, et qui se poursuivront dans les différentes régions de la Grande Île. Selon les informations, l’objectif est de faire remonter les besoins et les priorités des Régions afin qu’ils soient effectivement pris en compte dans la préparation du Budget de l’État 2027. Le MEF présente cette démarche comme un moyen d’améliorer la programmation des investissements publics en tenant davantage compte des besoins de développement local. En effet, l’enjeu ne consiste pas simplement à multiplier les projets ou à allonger la liste des infrastructures à financer. Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, la décentralisation budgétaire doit être indissociable de la bonne gouvernance et d’une meilleure qualité de la dépense publique.

Des résultats impératifs

Le message du ministre met ainsi l’accent sur les investissements capables de générer un véritable effet d’entraînement sur l’économie. Les ressources publiques doivent prioritairement aller vers les secteurs qui favorisent la production, créent des emplois et améliorent directement les conditions de vie de la population. Les infrastructures économiques et l’énergie figurent, à cet égard, parmi les priorités, en raison de leur rôle dans le développement des Régions, mais également dans l’amélioration de l’environnement du secteur privé. Ce changement d’approche est important. Derrière la question du volume des investissements apparaît désormais celle, plus déterminante encore, de leur pertinence. Un projet insuffisamment préparé, mal dimensionné ou ne répondant pas aux véritables priorités territoriales risque, en effet, de mobiliser des ressources importantes sans produire les résultats attendus. C’est dans ce contexte que le MEF participe également aux travaux préparatoires de la Politique nationale des investissements publics (PNIP), initiés par la Primature. L’objectif annoncé est notamment d’établir un diagnostic des investissements publics, de définir les démarches et le calendrier d’élaboration de cette politique et, à terme, de mieux sécuriser les investissements sur le long terme.

Mieux préparer avant de financer

Plusieurs dossiers suivis par le ministère au cours de la semaine écoulée illustrent d’ailleurs cette volonté de renforcer l’analyse en amont. Le MEF a notamment travaillé sur le montage juridique d’un projet de pôle énergétique portuaire intégré, analysé le modèle financier d’un projet de centre hospitalier et poursuivi l’étude de plusieurs projets dans les secteurs de l’énergie et des télécommunications. Le ministère poursuit également les démarches liées au projet de loi sur les partenariats public-privé, appelé à mieux encadrer le recours aux financements privés pour certains investissements.

La réflexion s’étend ainsi de l’identification des besoins jusqu’au montage financier et juridique des projets. Autrement dit, il ne s’agit plus uniquement de savoir combien investir, mais également où investir, pourquoi et avec quels résultats attendus. Cette exigence s’accompagne cependant d’une responsabilisation accrue des collectivités territoriales. Le ministre a appelé les Régions et les Communes à développer davantage leurs propres ressources au lieu de dépendre exclusivement des transferts de l’État. La mobilisation fiscale locale devient ainsi l’un des éléments de cette nouvelle dynamique de développement territorial.

Antsa R.

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