
Faire entrer les enfants à l’école ne suffit plus. Le véritable défi se joue désormais au moment du passage au secondaire, lorsque de nombreux adolescents quittent le système éducatif.
Le constat est préoccupant
Selon l’analyse de la Banque mondiale sur la situation des femmes et des filles à Madagascar, seulement 30,8% des filles et 27,6% des garçons âgés de 11 à 17 ans fréquentent le secondaire. L’organisation souligne également que les activités agricoles et professionnelles interrompent les parcours scolaires de nombreux adolescents dans le pays. Ces chiffres traduisent une perte progressive de capital humain au moment où les jeunes devraient consolider leurs acquis et préparer leur insertion professionnelle.
Perdants
Pour les familles vulnérables, maintenir un adolescent au collège représente un coût. Transport, fournitures, frais scolaires ou manque à gagner lié au travail peuvent faire basculer l’arbitrage en faveur d’une activité économique immédiate. Le phénomène touche aussi différemment les filles et les garçons. La Banque mondiale relève que les tâches domestiques, les violences en milieu scolaire, les mariages précoces et les grossesses précoces réduisent particulièrement les chances des filles d’achever le secondaire.
Facture
Le décrochage ne s’arrête pas à la porte de l’école. Un adolescent qui quitte prématurément le système éducatif entre généralement dans la vie active avec moins de qualifications. Il risque alors de rejoindre les secteurs les plus précaires et les moins productifs. Pour Madagascar, l’enjeu est donc double : retenir les jeunes à l’école et faire en sorte que les années supplémentaires d’études débouchent sur de véritables compétences. Faute de quoi, le pays continuera de perdre, à chaque génération, une partie de son capital humain.
José Belalahy




