
Alors que les prochaines échéances électorales ne sont fixées qu’au deuxième semestre de l’année 2027, le calcul stratégique et politique de certaines formations fait déjà réagir la classe politique malgache.
Si l’élection directe des chefs fokontany figurait parmi les revendications phares du mouvement de contestation de septembre et octobre 2025, le pouvoir en place, par le biais du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, a opposé une fin de non-recevoir, jugeant l’exercice impossible dans l’immédiat. Des nominations administratives ont ainsi été privilégiées. Ces nominations cachent des manœuvres orchestrées en coulisses par certains acteurs politiques désireux de tirer les ficelles. « Les gens hésitent pour la nomination des chefs fokontany, car ce sont ceux-ci qui étaient, pour la grande partie, à l’origine des fraudes électorales à Madagascar », a réagi le président national du parti Hery Vaovao ho an’i Madagasikara (HVM), Rivo Rakotovao.
Crise de confiance
Fidèle à sa ligne critique, le HVM se positionne une fois de plus comme une force de proposition, réclamant une refonte globale de la législation électorale avant tout nouveau scrutin dans le pays. Le parti dirigé par l’ancien président par intérim remet également en cause la légitimité de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l’organe constitutionnellement chargé de planifier et d’administrer les élections. « Depuis 2010, la CENI a failli à ses responsabilités », a martelé Rivo Rakotovao, suggérant que l’institution s’est soit activement impliquée dans les différentes irrégularités constatées par le passé, soit rendue complice en observant un silence coupable face aux dérives. Pour autant, le leader du HVM nuance son propos en soulignant que le problème dépasse les simples têtes d’affiche. « Ce n’est pas les personnes qui sont le problème, mais le système lui-même », insiste-t-il, tout en dressant le constat amer d’une crise de confiance profonde et persistante entre l’opinion publique et l’organisme électoral.
Instabilité
S’il salue les enquêtes parlementaires en cours à l’Assemblée nationale qui, selon ses explications, constituent un exercice de transparence sous la bannière de la « Refondation », il pointe une ironie troublante : l’amnésie des députés, jadis silencieux face aux scandales des régimes précédents. Il épingle notamment la gestion catastrophique de la Jirama, l’abandon des chantiers routiers malgré des fonds disponibles au Fonds routier, et des investissements colossaux restés sans profit pour la population. Concernant les prochaines législatives, Rivo Rakotovao avance une proposition audacieuse : encadrer strictement, voire réguler drastiquement, les candidatures indépendantes. D’après lui, leur omniprésence fragilise l’équilibre institutionnel et favorise l’instabilité de l’hémicycle. « Avec eux, on ne peut pas appliquer les articles 70 et 72 de la Constitution », déplore-t-il, pointant du doigt les dérives du nomadisme politique et le musellement de l’aspiration populaire. Enfin, le HVM réaffirme son soutien total aux revendications de septembre et octobre 2025, exigeant la dissolution pure et simple de la CENI et de l’Assemblée nationale. Si cet objectif fait l’unanimité au sein du parti, Rivo Rakotovao concède qu’un point de friction subsiste : le calendrier de ces dissolutions. Un pavé de plus dans la mare institutionnelle. En tout cas, le HVM est favorable à la dissolution de la CENI et de l’Assemblée nationale, qui figure d’ailleurs parmi les revendications des mouvements de septembre et octobre 2025. « Ce qui pose juste un problème, c’est le calendrier de ces dissolutions », a-t-il conclu.
Julien R.





Bonjour Mr Rakotovao, comme vous etes du parti du HVM, quand meme pas mal d’années « au pouvoir » depuis ce « fameux année 2010 (citation: « Depuis 2010, la CENI a failli à ses responsabilités »), reconter nous, comment vous avez organiser cette faillite, svp ? En plus, vous etait « président par interim » aussi, et aussi président du sénat de 2017 à 2021, donc certainement un connaisseur des fraudes: comment vous avez faites? Racontez le au public, aussi les Malgaches sont curieux……