
La discipline frappe au ministère de la Justice. Trois magistrats du Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo ont été suspendus de leurs fonctions. Quinze agents pénitentiaires de la maison de force d’Imerintsiatosika ont également écopé d’une suspension.
Deux décisions disciplinaires distinctes, mais un même motif : des manquements constatés dans l’exercice des responsabilités. L’information a été rendue publique par le ministère de la Justice dans un communiqué publié jeudi 27 août 2026. Au Pôle anti-corruption d’Antananarivo, trois magistrats ont été suspendus. La sanction fait suite à des inspections et à des évaluations conduites par le bureau chargé du contrôle des juridictions auprès du ministère de la Justice. Les investigations auraient mis en évidence, selon le ministère, des manquements dans l’exercice des fonctions, notamment dans le traitement des dossiers. Le ministère évoque également le non-respect des obligations et des responsabilités inhérentes aux fonctions exercées. Il a souligné que la décision de suspension a été prise au sein du Comité de suivi et d’évaluation des PAC, à l’issue de ce processus de contrôle. Le communiqué ne précise toutefois ni la nature exacte des dossiers concernés, ni la durée des suspensions.
Efficacité
Cette mesure intervient alors que les PAC occupent une place centrale dans la lutte contre la corruption. Toute défaillance dans le traitement des dossiers de ces juridictions spécialisées peut ainsi prendre une dimension particulière, tant sur le plan judiciaire que dans la perception de l’efficacité de la lutte anticorruption. À Imeritsiatosika, c’est une affaire d’évasion qui a déclenché la procédure disciplinaire. Quinze agents pénitentiaires de la maison de force ont été suspendus après l’évasion d’un détenu survenue le 7 août 2026. Le ministère de la Justice fait état de « manquements » constatés dans l’exercice des responsabilités confiées aux agents concernés. Les sanctions ont été décidées à la suite des investigations menées par la direction de l’inspection pénitentiaire, toujours selon le ministère de la Justice. L’évasion n’aura cependant pas tenu longtemps en échec les recherches. Le détenu a finalement été retrouvé, précise le ministère.
D’un côté, des magistrats chargés de traiter des dossiers de corruption. De l’autre, des agents chargés de la surveillance des détenus. Dans les deux cas, le ministère de la Justice met en avant le même principe, selon lequel la responsabilité professionnelle ne saurait être dissociée des obligations attachées à la fonction. Ces dix-huit suspensions constituent ainsi un signal disciplinaire fort. Elles montrent aussi que les inspections et les mécanismes de contrôle interne peuvent désormais déboucher sur des sanctions lorsque des manquements sont constatés. Reste à savoir si cette fermeté sera ponctuelle ou si elle annonce un contrôle plus systématique des juridictions et de l’administration pénitentiaire.
Rija R.




