
Une salle bien remplie, une ambiance électrique et un public en totale euphorie. C’est dans un Palais des Sports et de la Culture de Mahamasina investi que Raboussa a célébré hier l’apogée de ses 25 ans de carrière. Un concert qui confirme la carrure de ténor du hip-hop malgache du rappeur.
Dès 15h30 pétantes, la tension accumulée dans la salle a volé en éclats. C’est sur une scène numérique impressionnante, rehaussée d’effets visuels et de jeux de lumière dignes des plus grands shows internationaux, que la voix rauque légendaire de Raboussa a retenti. Un premier « hola hola » fendant l’air, et la foule s’est embrasée instantanément. Au top de sa forme, l’artiste a rapidement posé les bases de l’après-midi : du pur « Revy arak’izany ». Plus qu’un simple concert, ce rendez-vous a pris les allures d’une véritable victoire collective pour l’ensemble du mouvement hip-hop malgache.
Les morceaux classiques se sont succédé sans temps mort, déclenchant les acclamations passionnées d’une foule en symbiose, capable de scander chaque vers sur le bout des doigts. Les apparitions prestigieuses se sont ensuite enchaînées sur les planches, portées notamment par la présence remarquée du clan Bogota aux côtés de Doubl’enn et de ses acolytes. En réussissant une telle démonstration de rassemblement, le spectacle prouve de la plus belle des manières que le rap gasy demeure une force fédératrice incontournable.
Intergénérationnel
La véritable surprise de cet anniversaire réside dans la sociologie des spectateurs. Loin d’être cantonné aux nostalgiques de la première heure, l’événement a réuni jusqu’à quatre générations sous le même toit. On y est venu en famille, les parents partageant avec leurs enfants les morceaux qui ont bercé leur jeunesse. En faisant ainsi l’unanimité, Raboussa rejoint le cercle très fermé des groupes patrimoniaux malgaches, au même titre que Mahaleo ou ’Zay.
Le spectacle a également été marqué par des moments d’émotion et de surprise soigneusement orchestrés. L’un des temps forts les plus commentés de l’après-midi reste l’apparition sur scène des deux fils de l’artiste. Véritables coqueluches de la jeune génération, ils ont fait chavirer les cœurs des spectatrices et déclenché une vague de clameurs dans les travées.
Avec ce show tiré au cordeau, Raboussa ne s’est pas contenté de célébrer un quart de siècle de musique. Il a prouvé que son art restait résolument moderne, rassembleur et prêt à traverser les époques.
Zo Toniaina




