
Les impacts d’un cyclone ne sont pas les mêmes, les populations sont touchées différemment. Lorsque Fytia puis Gezani ont frappé le pays en début d’année, les dégâts ont touché les habitations, les infrastructures et les activités économiques. Mais pour les ménages déjà fragiles, le choc peut avoir une conséquence plus durable. L’analyse géo spatiale publiée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) après les deux cyclones illustre la vulnérabilité d’une certaine frange de la population malgache. Les inondations ont atteint des zones où vivaient jusqu’à 350 000 personnes, dont jusqu’à 63% étaient déjà privées d’un accès fiable aux services essentiels et à des conditions de vie adéquates avant les tempêtes. Le risque climatique vient donc se superposer à une pauvreté préexistante. Ce chevauchement est déterminant dans la mesure où un ménage disposant de peu d’épargne, d’une habitation fragile ou dépendant d’une activité agricole ou informelle possède moins de marges pour absorber une perte brutale.
Détruit
Pour les ménages pauvres, reconstruire une toiture ou remplacer des biens détruits n’est qu’une partie du problème. Il faut également retrouver un revenu. Or, lorsque les champs sont inondés, qu’un petit commerce est détruit ou que les infrastructures sont endommagées, la source de revenus peut disparaître au même moment que le logement. La revue FEWS NET signalait ainsi, après les cyclones, que les ménages affectés dans l’Est risquaient de connaître une reprise prolongée de leurs moyens de subsistance. Les transferts monétaires et l’aide humanitaire peuvent amortir le choc, mais ne reconstituent pas instantanément une activité économique.
Revenir
Plus de 29 millions de dollars ont été mobilisés pour la réponse et le relèvement après Fytia et Gezani, tandis que la Banque mondiale a approuvé un financement de 37 millions de dollars pour soutenir les populations touchées. A l’heure actuelle, une question centrale demeure : combien de temps faut-il à une famille pauvre pour retrouver son logement, son activité et son niveau de revenu après un cyclone ? Pour le pays, prévenir les catastrophes ne suffit plus. Il faut aussi permettre aux ménages les plus vulnérables de se relever sans s’appauvrir davantage. C’est tout l’enjeu d’une protection sociale capable de répondre rapidement aux chocs climatiques.
José Belalahy




