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mardi, septembre 1, 2026
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Loi de finances 2027 : Les priorités régionales au cœur du budget de l’État

Conférence budgétaire régionale pour Analamanga, organisée hier à l’ENAM Androhibe.

La préparation de la Loi de finances initiale (LFI) 2027 veut davantage partir des réalités du terrain. C’est tout l’enjeu des Conférences budgétaires régionales (CBR), relancées cette année après plusieurs années d’interruption.

Après Itasy, le 21 août, Analamanga a accueilli, ce lundi 31 août, à l’École nationale d’administration de Madagascar (ENAM), les acteurs régionaux appelés à faire remonter leurs besoins et leurs priorités dans la construction du prochain budget de l’État. Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, la démarche participe d’abord d’un retour à la normale dans le processus de préparation budgétaire. La tenue des CBR est prévue par la législation et permet de rapprocher l’élaboration de la LFI des réalités des régions et des communes. Le ministre a également insisté sur la nécessaire cohérence entre la LFI, le PGE-R et son plan de mise en œuvre afin d’assurer l’alignement entre les orientations de l’État, les priorités retenues et les moyens budgétaires mobilisés.

Donner un contenu à la décentralisation

La relance des CBR traduit surtout la volonté de donner un contenu plus concret à la décentralisation. Les régions et les collectivités doivent pouvoir exprimer directement les besoins observés sur le terrain, au lieu de voir l’ensemble des arbitrages budgétaires définis uniquement depuis le niveau central. Cette orientation s’est déjà traduite par une augmentation des ressources destinées aux collectivités territoriales décentralisées et aux services territoriaux déconcentrés dans la dernière Loi de finances rectificative. Encore faut-il faire des choix. « Dans un contexte de ressources limitées, il ne s’agit pas de répondre à toutes les demandes simultanément, mais de définir des priorités et de mieux orienter les ressources vers les actions susceptibles de produire des résultats concrets », a fait savoir le ministre à l’ouverture des travaux. Infrastructures, services publics, équipements ou soutien à l’activité économique : les besoins sont nombreux, mais tout ne peut être financé en même temps. Il s’agit donc d’identifier ce qui est réellement prioritaire et les interventions capables de produire les impacts les plus importants. Les priorités définies par chaque région seront intégrées à la plateforme des CBR. À l’issue de ces consultations territoriales, une Conférence budgétaire centrale devra consolider et articuler les différentes propositions afin de les intégrer dans le processus de préparation du budget national.

Orientées vers les résultats

Le changement recherché ne concerne cependant pas uniquement la répartition géographique des crédits. Il porte également sur la manière d’utiliser les ressources publiques. Le mot d’ordre avancé par le MEF est celui de « dépenses orientées vers les résultats ». Autrement dit, l’efficacité du budget ne doit plus être appréciée uniquement à travers le montant effectivement dépensé, mais surtout à travers les résultats et les impacts économiques et sociaux obtenus. L’évaluation de l’exécution budgétaire a notamment mis en évidence un niveau d’exécution encore faible, avec, parmi les difficultés identifiées, la complexité de certaines procédures et les retards administratifs. « Le plus important n’est pas uniquement le volume d’argent, mais la manière dont il est utilisé », a également expliqué le ministre lors de son interview. Même avec des ressources limitées, l’objectif doit être de privilégier des dépenses produisant des résultats tangibles pour la population. Cette approche prend tout son sens au niveau régional. Une infrastructure réalisée au bon endroit, une amélioration de l’approvisionnement énergétique ou un service public mieux équipé peuvent directement soutenir l’économie et améliorer les conditions de vie. Pour Analamanga, le ministre a notamment relevé la dégradation des infrastructures économiques. L’agribusiness et le tourisme figurent également parmi les secteurs méritant une attention particulière au regard de leur potentiel pour stimuler l’activité économique et créer des emplois.

Plus d’autonomie

La décentralisation ne peut toutefois reposer exclusivement sur les transferts provenant du budget central. Le MEF encourage parallèlement les communes et les collectivités à mieux mobiliser leurs ressources propres et à progresser vers davantage d’autonomie financière. Le ministre a notamment évoqué les redevances minières, dont la répartition entre les régions et les communes est déjà prévue par la loi. Certaines recettes devant revenir aux collectivités n’auraient pas encore été effectivement reversées. L’objectif est donc de faire parvenir ces ressources aux bénéficiaires concernés afin qu’elles puissent financer des projets locaux de développement. À travers les CBR, la préparation de la LFI 2027 dépasse ainsi le simple exercice comptable. L’ambition est de construire un budget davantage connecté aux réalités du pays, tout en maintenant une cohérence entre les priorités nationales et territoriales. En redonnant aux régions une place dans la définition des choix budgétaires, le processus entend faire de la décentralisation une réalité concrète, et du budget un instrument de développement, de transparence, de redevabilité et d’inclusivité.

Antsa R.

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