
Les États-Unis veulent renforcer leur présence économique à Madagascar. Investissements, infrastructures, énergie, eau et santé ont dominé les échanges entre Tom Bevan et le ministre Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison lors d’une audience tenue au MEF.
Des capitaux privés pour aider à financer les besoins considérables de Madagascar en infrastructures. Cette piste a occupé une place importante dans les échanges entre le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, et la délégation américaine qu’il a reçue hier à Antaninarenina. Tom Bevan, chargé d’affaires a.i. de l’ambassade des États-Unis, a affiché l’intérêt américain pour un renforcement des relations commerciales et des partenariats stratégiques avec Madagascar. Pour y parvenir, Washington compte notamment sur une approche « whole of government ». Tom Bevan a évoqué la possibilité de mobiliser plusieurs institutions américaines, dont la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), l’EXIM Bank, le Department of Commerce et le Department of the Treasury. L’enjeu est d’accompagner les entreprises américaines et d’identifier des projets présentant un intérêt pour les deux parties.
Besoins énormes. Côté malgache, les attentes sont importantes. Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison a rappelé que Madagascar doit à la fois consolider sa stabilité macroéconomique, améliorer son environnement des affaires et développer des infrastructures devenues insuffisantes. Routes, électricité, réseaux ou encore numérique nécessitent des investissements considérables. Une équation difficile, dans un contexte où les ressources publiques restent limitées. Le ministre de l’Économie et des Finances a ainsi mis en avant le recours aux partenariats public-privé. Le principe consiste à mobiliser les capacités financières et techniques du secteur privé pour participer à la réalisation de projets que l’État ne pourrait financer seul, ou rapidement. Le ministère dispose d’ailleurs d’une structure spécialisée dans les PPP. Un autre sujet a émergé lors de l’audience : comment permettre aux entreprises américaines de mieux connaître les appels d’offres et les projets disponibles à Madagascar ? Une meilleure circulation de l’information pourrait contribuer à attirer de nouveaux investisseurs dans les infrastructures et l’énergie.
Renouvelables. Le secteur énergétique figure justement parmi les domaines offrant des perspectives. Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison a souligné la volonté de Madagascar d’accroître la place des énergies renouvelables. L’objectif est notamment de diminuer la dépendance aux combustibles importés et d’apporter une réponse durable aux difficultés d’approvisionnement en électricité. L’eau pourrait constituer un autre terrain de coopération. Tom Bevan a évoqué un protocole d’accord impliquant une entreprise américaine dans la réalisation d’études de prospection des ressources en eau à Madagascar.
Santé. Les discussions n’ont pas été uniquement économiques. La coopération sanitaire déjà engagée entre les deux pays a également été passée en revue. Tom Bevan a rappelé que le partenariat couvre, entre autres, les chaînes d’approvisionnement, les laboratoires, les personnels de santé de première ligne, la collecte de données et la surveillance des maladies. Pour Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, cette coopération reste importante pour Madagascar, notamment dans la lutte contre les maladies infectieuses. Les avancées dans la lutte contre le paludisme ont notamment été citées parmi les acquis, grâce aux actions de prévention, aux moustiquaires imprégnées et aux interventions contre les moustiques vecteurs. Au-delà de l’aide traditionnelle, l’audience fait ainsi apparaître une ambition plus large : faire davantage de la relation Madagascar-États-Unis un partenariat d’investissement et de développement économique.
Antsa R.





