
Nosy Sakatia fait partie des zones d’intervention du projet GEC BATAN (Gestion des Écosystèmes Côtiers du paysage Baie d’Ambaro, Tsimipaiky, Ampasindava et archipel de Nosy Be), financé par la France via le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM).
Surnommée « l’île aux Orchidées », c’est une destination préservée, localisée au large de la côte ouest de Nosy Be. Des représentants de la communauté locale RASIS (Regroupement des Acteurs pour la Sauvegarde de l’Île Sakatia) viennent d’effectuer une visite d’échange afin de s’enquérir des expériences de leurs pairs à Ambalavao, dans la région Haute Matsiatra, grâce à l’appui de ce projet qui démarre cette année. Il s’agit de la communauté COBA « Tantely », gestionnaire du site de Tsaranoro, connu pour être un spot mondial d’escalade et un paradis pour les randonneurs et trekkers, ainsi que de la communauté VOI Anja Miray, gestionnaire de la réserve villageoise d’Anjà, réputée pour ses lémuriens catta. La communauté RASIS renforce ainsi ses compétences en matière de gestion communautaire des ressources naturelles et de promotion de l’écotourisme, en s’inspirant des modèles de gestion les plus réussis de ces deux communautés.
Impact positif. Plus précisément, la VOI Anja Miray et la COBA Tantely ont réussi à faire de la valorisation de leur patrimoine naturel un levier de développement local. La première est reconnue pour son expérience en matière de gouvernance participative, de transparence dans la gestion associative, de partage des bénéfices et de développement d’un écotourisme communautaire durable. La seconde a, quant à elle, développé un modèle associant gestion communautaire des ressources naturelles et activité touristique.
À travers ces échanges d’expériences, la communauté RASIS a bénéficié d’un renforcement de capacités en matière de gouvernance associative, de transparence financière, de partage de revenus et de gestion des circuits touristiques. La formation des guides, la commercialisation des produits locaux et le développement des relations avec les opérateurs privés ne sont pas en reste. « Nous avons également constaté de visu l’amélioration du niveau de vie des membres de ces communautés dans la région Haute Matsiatra. La gestion communautaire de leur patrimoine naturel a eu un impact positif sur le développement de leur localité, surtout dans les domaines de l’éducation et de la santé », a témoigné Be Elisa Laurie, la présidente de l’association RASIS.
Contrat renouvelé. Dans la même foulée, « nous nous sommes engagés dans la préservation de nos richesses en biodiversité marine et terrestre en vue de promouvoir l’écotourisme. Ces expériences sont adaptées au contexte local de notre île », a-t-elle enchaîné. Il faut savoir que Nosy Sakatia est un sanctuaire pour les tortues marines, tout en abritant une végétation luxuriante comprenant plusieurs espèces d’orchidées sauvages, de l’ylang-ylang et des plantes médicinales. « À la suite d’une évaluation de la gestion de ce patrimoine naturel, le contrat de transfert de gestion des ressources naturelles renouvelables de Nosy Sakatia par RASIS a été renouvelé pour la troisième fois. Il dure cinq ans, soit jusqu’en 2031. Cette communauté s’implique fortement dans la protection et l’alimentation des tortues marines, entre autres », a souligné Tsialiva Diane Lolita, chef de division au sein de la Direction régionale du ministère de l’Environnement et du Développement durable (DIANA).
Solutions adaptées. De son côté, le premier adjoint au maire de la commune urbaine de Nosy Be, Masaoudy Aly Amady, ne cesse de sensibiliser la population locale en la conscientisant à la préservation de son patrimoine naturel, la principale activité de l’île étant le tourisme. Concernant le projet GEC BATAN, il vise à concilier la conservation des ressources naturelles, le développement économique durable et l’amélioration des conditions de vie des communautés locales, en s’appuyant sur une approche paysage et une gouvernance communautaire de ce patrimoine naturel. « Cette visite d’échange entre les communautés de différentes régions illustre l’ambition du projet de promouvoir des solutions adaptées au contexte local pour ce faire. Elle s’inscrit également dans la continuité des acquis du projet KOBABY, qui a pour finalité de valoriser les filières économiques contribuant à la conservation des ressources naturelles et au développement local durable », a énoncé Hanta Rabetaliana, la coordinatrice du projet.
Navalona R





