
Depuis 2022, le projet Alifasa s’est imposé comme une respiration culturelle à Antsiranana. Chaque année, pendant les vacances scolaires, l’Alliance française de Diego et l’AJFACE ouvrent leurs portes à des adolescentes de 10 à 17 ans, leur offrant trois semaines pour plonger dans l’univers de l’audiovisuel et du cinéma.
Ce n’est pas une simple initiation technique. C’est une expérience qui transforme. Les participantes apprennent à écrire un scénario, à défendre un pitch, à manier l’image et le son, à assembler leurs idées au montage. Cette année, une touche de graphisme est venue enrichir le programme, ouvrant encore davantage le champ des possibles. Guidées par Firoza Hussen, Tessa Ratovonar, Medalys Anjarasoa, Arilala Ophélia et Sylvia Razafison, elles découvrent que derrière chaque film se cache une mécanique créative qu’elles peuvent elles-mêmes maîtriser.
La cinquième édition, en août 2026, s’est conclue par la projection du court-métrage Les Rêves de Harena, le 22 août. Dans la salle, l’émotion était palpable : ces jeunes filles venaient de prouver qu’elles pouvaient raconter leurs propres histoires, donner vie à leur imaginaire et faire émerger des récits nouveaux. En quatre ans, 54 participantes ont déjà franchi ce pas, et leurs créations ont valu à l’Alliance française de Diego le Prix du meilleur mini-reportage RFI 2026.
Alifasa est bien plus qu’un atelier. C’est un manifeste. Il affirme que les métiers de la culture sont accessibles aux femmes, qu’ils peuvent briser les tabous et ouvrir des horizons. Il rappelle que la créativité n’a pas de frontières et que la jeunesse féminine malgache a des voix puissantes à faire entendre.
Hanitra Andria





