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vendredi, septembre 4, 2026
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Risque d’impasse politique

L’innovation en mode refondation, c’est aussi cette création du Comité technique de la Concertation nationale. Une manière, pour l’Exécutif de la junte militaire, de démontrer sa volonté de donner un coup d’accélérateur à la trajectoire politique du pays.

Risque d’impasse politique

L’organe, composé de 35 membres répartis en 15 collèges, reçoit la lourde charge d’organiser l’architecture méthodologique et matérielle du futur dialogue national. Malgré un affichage institutionnel qui prône l’ouverture et l’inclusivité, l’examen de la structure retenue pour ce comité révèle apparemment des fragilités méthodologiques susceptibles d’en compromettre la portée. En effet, même si ce comité comporte des représentants issus des autorités exécutives, de confessions religieuses, en passant par les raiamandreny ara-drazana, le secteur privé, les mouvements de jeunesse et les organisations de défense des personnes vulnérables, son découpage par quotas formels pose la question cruciale de la légitimité de terrain. Et ce, pour la bonne et simple raison qu’il n’y a pas eu de consultation à la base pour le choix des représentants sociétaux, par exemple. Pour le citoyen lambda, cette nomination n’est autre qu’une forme de parachutage émanant de l’exécutif, avec ce que cela suppose de non-crédibilité pour les futurs membres, qui seront probablement rémunérés par l’État. Un État qui y sera aussi juge et partie, en étant fortement représenté dans la structure, où la présence directe de la Présidence de la Refondation et des ministères de souveraineté, comme l’Intérieur et les Finances, pourrait créer une ambiguïté. Bref, le Comité risque de devenir tout simplement un organe de légitimation institutionnelle de ce que les observateurs ont toujours considéré comme des tentatives, de la part du régime de la refondation, d’imposer un format préétabli de ce que sera cette concertation nationale. À moins, évidemment, que l’exécutif ne donne la garantie d’une autonomie réelle aux acteurs de la société civile et adapte la méthodologie aux réalités locales. À défaut, le risque d’une nouvelle impasse politique n’est pas à écarter.

R.Edmond

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