
Le 4 septembre dernier, à l’issue d’un atelier de bilan, les Organisations de la société civile environnementales et climatiques (OSCEC) ont adressé une lettre ouverte au président de la Refondation de la République de Madagascar ainsi qu’aux institutions et ministères concernés. Dix mois après une première interpellation, elles dressent un état des lieux contrasté : des avancées réelles ont été enregistrées, mais elles demeurent insuffisantes face aux urgences écologiques.
Les OSCEC dénoncent la persistance des crimes et trafics environnementaux, aggravés par une justice défaillante. Les saccageurs de l’aire protégée de Makira ont été relâchés par le TPI de Maroantsetra en août, tandis que la loi protégeant les défenseurs et lanceurs d’alerte n’est toujours pas promulguée, selon cette lettre ouverte. De plus, des images de Mantadia révélant une exploitation aurifère illicite ravageant la forêt de cette aire protégée ont été dévoilées hier lors d’une conférence de presse à ce sujet. Les lois existantes, centrées sur la pollution industrielle, sont peu appliquées et laissent les activistes sans protection.
Madagascar pourrait perdre 93% de sa couverture forestière de 1950 d’ici 2050. Pourtant, aucune disposition budgétaire publique n’existe pour lutter contre les feux de brousse, alors que plus de cinq millions d’hectares brûlent chaque année.
D’autres chantiers ont été évoqués et le constat est alarmant. Un appel a été lancé à chaque ministère et institution concernés. Les organisations saluent néanmoins des progrès : saisie de tortues grâce aux réseaux de vigilance, adoption de la loi sur le CESC, protection temporaire de nouvelles aires protégées, réforme du Code de la pêche et reconnaissance internationale des parcs marins. Mais elles insistent : ces pas en avant ne suffisent pas à enrayer la crise.
Pour assurer un suivi citoyen durable, elles annoncent la création de la Confédération des Organisations de la Société Civile Environnementale de Madagascar (COSCEM), chargée de contrôler l’application des engagements, de rendre compte publiquement des avancées et de maintenir la pression sur les décideurs.
Hanitra Andria





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