
Circuler expose les piétons, les automobilistes et les usagers des transports à des risques qui dépassent largement la seule question des embouteillages.
Comme dans les grandes villes du monde, marcher, traverser une rue, prendre un taxi-be ou rejoindre son lieu de travail constitue un défi quotidien à Antananarivo. Et l’accident survenu récemment à Ambohijatovo, qui a grièvement blessé un confrère journaliste, remet brutalement en lumière une réalité devenue quotidienne dans la capitale. En effet, ce fait (loin d’être un « fait divers ») constitue un signal supplémentaire sur les conditions de circulation dans une capitale où l’espace public est soumis à une pression croissante. Trottoirs occupés, stationnements anarchiques, circulation dense, véhicules qui se frôlent et traversées difficiles réduisent les espaces permettant de circuler en sécurité. Pour les enfants, les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite, cette vulnérabilité est encore plus importante.
Collectif
Le problème ne se mesure pourtant pas uniquement au nombre d’accidents. Chaque déplacement peut représenter plusieurs dizaines de minutes, voire plusieurs heures, perdues dans les embouteillages. Pour les travailleurs, ces retards répétés réduisent le temps consacré à la famille, au repos ou aux activités économiques. Le coût du transport pèse également sur les ménages lorsque les trajets se multiplient. Les navettes envisagées au niveau de la gare routière d’Amoronankona pour répondre aux inquiétudes des passagers montrent qu’il est possible d’apporter des réponses ciblées. Mais Antananarivo a besoin d’une approche plus systémique, où sécuriser et libérer les trottoirs, aménager des traversées piétonnes protégées, identifier les principaux points noirs, rationaliser les arrêts de taxis-be et renforcer les transports collectifs constituent les maillons d’une chaîne de solutions. À terme, la capitale devra surtout disposer d’une véritable politique de mobilité fondée sur des données telles que les accidents par zone, le temps moyen de trajet, la fréquentation des lignes, les coûts pour les ménages et les flux de circulation. Car fluidifier la circulation ne suffit plus : l’enjeu est de permettre aux Tananariviens d’aller travailler, d’étudier ou simplement de rentrer chez eux sans que chaque déplacement ne devienne une épreuve.
José Belalahy




