
Madagascar a participé à la 20e édition de l’« Africa Food Systems Forum », organisée la semaine dernière par AGRA (Alliance for a Green Revolution in Africa) en partenariat avec le gouvernement rwandais, à Kigali.
Cet événement a réuni l’ensemble des dirigeants politiques africains, des entrepreneurs, des organisations de la société civile, des groupements de producteurs, des institutions de recherche, des partenaires au développement et des représentants du secteur privé œuvrant dans le secteur agricole, ainsi que des investisseurs. Placé sous le thème central « Investir dans les systèmes agroalimentaires africains : nourrir les nations, créer des emplois et renforcer la résilience », l’objectif consistait à augmenter la production locale afin de garantir la sécurité et la souveraineté alimentaires, tout en renforçant la résilience climatique de l’ensemble des chaînes de valeur agricoles. Cette 20e édition du Forum africain sur les systèmes alimentaires vise également à susciter des investissements et à développer l’agribusiness et les agritechs, en vue de créer des opportunités économiques pour les jeunes et les femmes.
Partager les expériences
À cette occasion, une délégation du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, conduite par son secrétaire général, M. Andritiana Arsène Rabarison , a représenté Madagascar. Lors de son intervention au forum, il a présenté la vision de la Grande Île pour une transformation durable de l’agriculture. « Notre pays s’engage à mettre en œuvre des stratégies adaptées pour protéger les acquis agricoles et renforcer durablement la production nationale, afin de bâtir un système alimentaire plus résilient pour les générations futures », a-t-il déclaré. Dans le cadre de ce forum continental, la délégation malgache a également participé activement aux échanges avec les partenaires africains et internationaux. « Ces rencontres constituent une opportunité de partager les expériences, de renforcer les collaborations et de construire ensemble des solutions face aux défis alimentaires et climatiques », a-t-il ajouté.
Outils numériques
Lors de cet événement de grande envergure, les discussions entre toutes les parties prenantes se sont articulées autour de cinq axes stratégiques. Le premier axe porte sur la mobilisation des financements et des investissements pour renforcer la résilience des systèmes alimentaires, tout en contribuant à l’amélioration de la production. Des rencontres directes entre les entrepreneurs africains œuvrant dans la transformation agroalimentaire et les fonds d’investissement ou les banques de développement ont également été facilitées en vue de financer des projets à fort impact économique local. Le deuxième axe stratégique concerne la gestion durable de l’eau et de l’irrigation, à travers la vulgarisation de technologies modernes telles que le pompage solaire et le système d’irrigation goutte-à-goutte, tout en déployant des outils numériques appliqués à l’hydrologie et aux alertes météo prédictives.
Commerce intra-africain
Ensuite, la facilitation d’accès aux produits agricoles et d’élevage à moindre coût pour la population africaine a fait l’objet de débats entre toutes les parties prenantes, en vue d’atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle. De leur côté, les institutions de recherche poursuivent leurs efforts en contribuant au renforcement de la résilience des producteurs, en vulgarisant les semences enrichies et résistantes au stress thermique ou à la sécheresse, à l’image de la semence de riz « Besalohy » et du sorgho. Le développement de l’entrepreneuriat rural et le déploiement de solutions numériques comme l’agritech et l’e-commerce constituent le quatrième axe stratégique. Enfin, le dernier, et non des moindres, porte sur le développement du commerce intra-africain, à travers la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine. L’objectif commun vise à bâtir des systèmes alimentaires plus sains, inclusifs, durables, résilients et équitables, capables d’accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) en Afrique d’ici à 2030.
Navalona R.




