
Le gouvernement, via le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, annonce l’opérationnalisation d’un dispositif national de réserves alimentaires, avec notamment des banques alimentaires.
Alors que dix infrastructures ont déjà été construites et équipées en 2024, l’État veut désormais structurer le système à travers un plan d’action 2026-2028. Une initiative qui intervient à l’approche d’une nouvelle période de vulnérabilité alimentaire. La prochaine étape consiste à transformer ces infrastructures en un mécanisme réellement fonctionnel. Ainsi, ledit plan d’action doit définir les responsabilités, les ressources mobilisées et les mécanismes de suivi. L’objectif affiché est de mieux anticiper les situations de pénurie plutôt que d’attendre leur aggravation pour intervenir. Il conviendrait de noter que l’efficacité du dispositif dépendra moins de son existence administrative que de sa capacité réelle à répondre à un choc. Pour ce qui est des réalités sur le terrain, des banques alimentaires ont déjà été mises en place dans des districts comme Ampanihy et ont porté leurs fruits.
Test. Le calendrier donne une portée particulière à cette annonce. La revue FEWS NET prévoit une dégradation de la situation alimentaire dans le Grand Sud à partir du mois d’octobre prochain. À cette vulnérabilité structurelle s’ajoutent les incertitudes liées aux conditions climatiques et aux risques pesant sur la prochaine campagne agricole. Dans ce contexte, la constitution de réserves peut permettre de gagner un temps précieux en cas de rupture d’approvisionnement, de mauvaise récolte ou de flambée des prix. Mais encore faut-il que les stocks soient disponibles au bon endroit, en quantité suffisante et avec une gouvernance capable de déclencher rapidement leur utilisation. C’est donc sur le terrain que cette nouvelle politique sera véritablement jugée. Le plan 2026-2028 devra notamment apporter des réponses précises sur les capacités de stockage, le financement, les produits concernés et la chaîne de décision. Après les infrastructures, l’enjeu est désormais de démontrer que Madagascar dispose réellement d’un mécanisme capable d’agir avant que la crise alimentaire ne s’installe.
José Belalahy




