
Grande ville après grande ville, fokontany après fokontany. Le parti de Marc Ravalomanana muscle son jeu et peaufine son maillage territorial en vue des prochaines échéances électorales, dans le cadre d’une stratégie de reconquête méthodique.
Le parti Tiako i Madagasikara (TIM) avance ses pions méthodiquement et implacablement. Le 31 août dernier, la ville de Toliara a officiellement basculé sous la bannière du TIM, avec l’installation d’un président de la délégation spéciale (PDS), Tondraha Razaha, issu de ses rangs, à la tête de la commune urbaine. Une prise de choix qui vient s’ajouter à un tableau de chasse déjà bien garni. Avant la Cité du Soleil, la capitale Antananarivo, pilotée par Feno Ralambomanana, était déjà tombée dans l’escarcelle du parti de l’ancien président, qui compte, de surcroît, un bon nombre d’élus dans les différentes structures des CTD.
Relais incontournables. Sur les six grandes villes stratégiques du pays, le TIM en contrôle désormais trois, aux côtés de Mahajanga, dont le PDS se révèle très proche de la formation politique. Restent ainsi Antsiranana, Toamasina et Fianarantsoa. Mais cette dynamique ne se limite pas aux seuls chefs-lieux de région. Portée par ces nominations successives à la tête des municipalités, la machine politique s’active au plus près des citoyens. Des chefs de fokontany, nouvellement promus, porteraient pour la plupart les couleurs du parti, selon certaines critiques. Quartier après quartier, le réseau se tisse et se consolide. L’objectif avoué, aux yeux des observateurs aguerris, ne fait plus aucun doute : préparer minutieusement le terrain pour la prochaine élection présidentielle en s’assurant des relais incontournables. Une assise que les pontes qualifient déjà de « solide ». En parallèle, le bureau politique reste très impliqué : les membres se sont réunis à Faravohitra, lundi dernier, avec les élus, autour de Marc Ravalomanana, pour parler des affaires nationales et des futures échéances.
Accord scellé. Cette percée fulgurante n’est pas passée inaperçue dans les QG adverses. Certains partis, même ses alliés, ne cachent pas une certaine crispation face à cette reconstitution méthodique des forces vives du TIM, voyant poindre l’ombre d’un retour en force de Marc Ravalomanana. Le contrôle des mairies urbaines et des cellules de base offre un avantage logistique redoutable. Conscient de ces enjeux, le secrétaire général Rina Randriamasinoro a haussé le ton à Faravohitra. Mot d’ordre : redynamiser les structures FokoTIM, ComTIM et DisTIM. Une vaste offensive est programmée pour septembre et octobre dans la région Analamanga, menée par les élus et le bureau national, avec pour priorité la sensibilisation massive aux listes électorales. À un peu plus d’un an du rendez-vous suprême, la bataille se gagne au quotidien dans le silence des bureaux de fokontany. Alors que le TIM peaufine sa stratégie, une interrogation persiste dans les salons politiques : y a-t-il déjà un accord scellé entre le président de la Refondation et Marc Ravalomanana ? Rien n’est officiel, mais le doute s’installe. En tout cas, le TIM n’est pas pour autant à l’abri de retournements de veste de dernière minute, avec de probables ralliements de ces responsables nouvellement nommés au régime Fanavaozana.
Julien R.




