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vendredi, septembre 11, 2026
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Hugues Rajaonson : « Une pression fiscale excessive favorise les fraudes »

Les entreprises malagasy continuent encore et toujours de se plaindre de la forte pression que la fiscalité, jugée trop excessive, exerce sur leurs activités. Pour l’économiste Hugues Rajaonson, l’État a raison en cherchant, par différents moyens, à augmenter les recettes fiscales. Il estime cependant qu’atteindre cet objectif passe moins par un alourdissement de la fiscalité que par l’élargissement de l’assiette fiscale.

Assiette fiscale

Une pression excessive risque, selon lui, de favoriser les fraudes, de décourager la formalisation et de freiner les investissements des entreprises, notamment des PME. « Si nous voulons augmenter les recettes fiscales à Madagascar, augmentons l’assiette fiscale, et non la pression sur ceux qui paient déjà », estime le Pr Hugues Rajaonson. Une manière d’expliquer que la réponse n’est pas de serrer davantage la vis sur les entreprises déjà déclarées, mais d’élargir le nombre de contribuables. En effet, « une pression excessive produit l’effet inverse de celui recherché car elle nourrit la fraude, décourage l’investissement et repousse les entrepreneurs vers l’informel. » Pour l’économiste, cette orientation constitue un enjeu majeur pour parvenir à accroître durablement les ressources publiques sans affaiblir davantage le tissu productif. En somme, la réponse n’est pas de serrer davantage la vis sur les entreprises déjà déclarées, mais d’élargir le nombre de contribuables. Une pression excessive, avertit-il, produit l’effet inverse de celui recherché.

Corruption

En effet, une hausse de la pression fiscale ne se traduit pas automatiquement par une hausse proportionnelle des recettes. « Au-delà d’un certain niveau, la charge supportée par les entreprises et les contribuables peut devenir un facteur d’incitation à la fraude ou au contournement de l’impôt. » Par ailleurs, un système fiscal excessivement lourd peut créer un terrain favorable à des pratiques de corruption. « L’objectif d’augmenter les recettes publiques peut ainsi, paradoxalement, conduire à réduire la matière imposable si les acteurs économiques cherchent à échapper à la pression fiscale. » Dans cette perspective, l’économiste plaide pour une stratégie davantage axée sur la formalisation progressive de l’économie. Une charge fiscale trop importante peut, selon lui, décourager les entrepreneurs de franchir le pas vers le secteur formel. Bref, l’enjeu serait d’élargir progressivement le nombre de contribuables plutôt que de solliciter toujours davantage les entreprises qui sont déjà dans le système. « Cela suppose notamment de créer un environnement plus favorable à l’investissement et à la croissance des très petites entreprises, des PME et des PMI », soutient Hugues Rajaonson.

R.Edmond.

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