Tentative d’incendie de prison, projet d’évasion au profit d’un prisonnier, complicité et troubles à l’ordre et à la sécurité au sein d’un établissement pénitentiaire. Ce sont, entre autres, les chefs d’inculpation qui pèsent contre les sept personnes impliquées dans cette affaire.
L’étau se resserre autour du Colonel Patrick Rakotomamonjy
En effet, dans une vidéo diffusée hier sur la page du Ministère de la Justice, la Procureure de la République près le Tribunal de Première Instance d’Antananarivo, Narindra Navalona Rakotoniaina, a confirmé l’existence d’un projet visant à incendier et à faire exploser la maison de force de Tsiafahy. Ce haut responsable de la Justice confirme ainsi les informations qui ont fuité depuis la semaine passée. L’objectif final de cette tentative aurait été de concrétiser l’évasion de l’ancien Directeur du Bureau des Doléances auprès de la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar, incarcéré dans cette prison de haute sécurité depuis le 16 avril dernier. A entendre la Procureure, des preuves accablantes auraient été découvertes dans sa cellule lors d’une fouille effectuée le dimanche 23 août dernier. Les recherches ont permis de découvrir un téléphone portable soigneusement caché dans sa chambre. Nul n’ignore pourtant que les téléphones sont interdits en prison. Par ailleurs, selon la Procureure Narindra Navalona Rakotoniaina, des discussions compromettantes concernant un plan d’évasion y ont été trouvées. Notamment des messages vocaux des correspondances avec plusieurs personnes à l’extérieur de la prison dont une dame résidant à l’étranger. Cette dernière s’est chargée de la recherche d’une somme de 4 000 euros pour financer le projet d’évasion. Par ailleurs, d’autres personnes se sont également préparées pour assurer l’exfiltration du prisonnier après l’incendie.
Falsification
Il serait également question de la falsification des résultats d’analyses médicales. Sept individus sont mis en cause dans cette affaire. Ils ont été présentés devant le Juge d’instruction le mardi 8 septembre dernier. Parmi eux figure un médecin proche du Colonel Patrick Rakotomamonjy qui l’aurait conseillé de consommer une grande quantité de sucre avant de faire une analyse de sang afin de fausser les résultats. Après le déferrement, ce médecin a été placé sous mandat de dépôt. La Procureure Narindra Navalona Rakotoniaina a aussi laissé entendre que d’autres personnes soupçonnées d’être impliquées dans cette affaire seraient actuellement activement recherchées et font l’objet d’un mandat d’arrêt. Tentative d’incendie de prison, projet d’évasion au profit d’un prisonnier, complicité et troubles à l’ordre et à la sécurité au sein d’un établissement pénitentiaire. Ce sont, entre autres, les chefs d’inculpation qui pèsent à leur encontre. De son côté, le Directeur régional de l’Administration pénitentiaire à Analamanga, l’Inspecteur principal Olivier Ranaivoson, a confirmé que le Colonel Patrick Rakotomamonjy avait été placé dans une cellule disciplinaire suite à ses agissements contraires au règlement intérieur des prisons. A l’allure où vont les choses, l’ancien Directeur auprès de la Présidence risque de subir un séjour prolongé à Tsiafahy.
Davis R




