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dimanche, septembre 13, 2026
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Corridor Toliara-Beira : Le Sud malgache veut en finir avec son isolement

Relier davantage le Sud malgache au reste du pays, mais aussi ouvrir ses productions vers le continent africain via le port mozambicain de Beira. Une ambition logistique, économique et politique qui représente d’innombrables enjeux pour cette partie du pays et la Grande Île en général.

La Banque africaine de développement (BAD) vient de franchir une nouvelle étape dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’aménagement de corridors et de facilitation du commerce – Phase III (PACFC III). Appelé à transformer les échanges dans la région, ce projet entend « désenclaver le Sud de Madagascar, renforcer sa connexion au reste du pays et faciliter les échanges commerciaux entre le port de Toliara et le port de Beira, au Mozambique, avec une logique d’intégration régionale et de ZLECAf. » En effet, la BAD a publié, le 10 septembre dernier, l’avis général de passation des marchés de la troisième phase dudit projet, dont le coût global est évalué à 174,66 millions d’unités de compte (environ 240 millions USD).

Il prévoit notamment l’aménagement de 78 km de la RNT55 entre Bevoay et Morombe. À cela s’ajoutent 22 km de rocade-digue à Fiherenana ainsi que des travaux sur les ponts de Manombo et de Belalanda. Dans une région où l’enclavement complique l’accès aux marchés comme aux services essentiels, une route praticable signifie pouvoir déplacer plus facilement les personnes, les marchandises et les productions agricoles. L’on peut prendre l’exemple du Bas Mangoky, dont la production rizicole est évaluée à 29 000 tonnes par an. Des ressources qui pourraient être mieux acheminées vers Toliara grâce à la réalisation de ce projet.

Afrique

L’ambition est également continentale. Beira doit servir de porte d’entrée vers l’Afrique australe et permettre à Madagascar de mieux exploiter les opportunités de la ZLECAf. Pour les producteurs du Sud, l’amélioration de la connectivité pourrait réduire l’isolement des bassins agricoles, faciliter l’écoulement des produits de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, et élargir les débouchés. L’impact social ne sera toutefois pas automatiquement positif. Les études préparatoires du projet identifient 699 ménages, soit environ 5 000 personnes, affectés par des déplacements physiques ou économiques : habitations, commerces, terres agricoles ou revenus sont concernés. Plus de 9,1 milliards d’ariary sont prévus pour leurs plans de réinstallation. Quoi qu’il en soit, le véritable impact d’un tel projet sera mesuré par sa capacité à transformer la connectivité en revenus, emplois, accès aux marchés et amélioration concrète des conditions de vie.

José Belalahy

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