Avec son stand-up « Marina mafy », Joely franchit, cette fois encore, un nouveau cap. Cet humoriste, dont l’ascension est née d’un personnage, Joely Kely, propulsé sur le devant de la scène virtuelle par les réseaux sociaux, vient de faire, une fois de plus, carton plein. Du virtuel à la scène, le cheminement de Joely marque une ascension artistique inédite dans le domaine de l’humour « à la malgache ».
Quand le rire change de dimension
On peut bien parler ici de phénomène. Andrianina Rajoelisoa de son vrai nom, Joely a su faire du personnage de ses débuts une signature. Car ce « petit » personnage qui amuse, puis séduit, finit par devenir la naissance d’un filon. Une manière de raconter autrement Madagascar et les scènes du quotidien du Malgache : des situations familières, des attitudes que l’on reconnaît, des scènes du quotidien qui traduisent la « malagasy way of life » sur un ton humoristique, caricaturé, exagéré, mais ô combien criant de vérité. De nombreux autres personnages, nés après Joely Kely, de Seheno et Rondro à Domoina en passant par Charline, ou encore le sous-personnage invisible Lala, et bien d’autres encore, agrandissent la galerie des personnages de Joely. Tous deviennent des miroirs de la société malgache. À chaque fois, l’approche de l’humoriste fait mouche.
Le grand saut des réseaux sociaux à la scène, bien réelle, semblait pour le public avoir été un jeu du quitte ou double. Mais le pari est rapidement gagné ! De « Joely, c’est du spectacle », en passant par « Mbola Mijoro », puis « Miseho Milay » et, aujourd’hui, « Marina mafy », à chaque rendez-vous devant une salle comble, l’humoriste gagne en assurance et en ambition. Mais on s’aperçoit également que l’homme derrière l’artiste se dévoile de plus en plus. C’est peut-être cela, finalement, la véritable réussite de Joely : avoir commencé par inventer un personnage mignon et fort attachant, pour finir par devenir lui-même un personnage incontournable de l’humour malgache. Son autre talent, en poésie, révélé par son recueil de poèmes « Ifalio ny maraina », publié en début d’année, contribue à la construction d’un parcours hors du commun. Et on en redemande.
Hanitra R


