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mercredi, septembre 16, 2026
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Ils ont fait le buzz

Le petit peuple déplore de perdre ses fils, quelle qu’en soit la raison, et déteste voir ceux qui sont censés lui servir de porte-parole, de protecteurs et de symboles le trahir. (Générateur IA)

Ô belle petite musique… Les Malgaches de la rue et du quotidien, classe ouvrière et ce semblant de classe moyenne, connaissent plus ou moins cette petite musique. Un petit velouté de vibrations et d’harmonies, inspiré des faits divers de « Facebook ». Les grandes affaires, surtout, sur lesquelles, à chaque fois, des milliers d’utilisateurs et d’utilisatrices malgaches aux vrais comptes commentent : « Où sont les gros poissons ? », « Ces gars que vous avez arrêtés ne sont que des petites mains », « Toujours le même refrain : quand il s’agit de commanditaires, on ne les pavane pas sur les réseaux sociaux ». Ce ne sont que les refrains de cette petite musique. Elle, c’est plutôt tout un arrangement, une composition qui, depuis la transition de 2009, a été validée en pratique publique. Avant-hier, le président de la Refondation en personne, une première dans les annales de la République, a intercepté des bagages et y a découvert des barrettes d’or à l’aéroport d’Ivato. L’espoir de tout un peuple, alors, se réveille. « Facebook » se déchaîne : « Vous avez attrapé le mulet, mais qui est le propriétaire ? », « Bien joué, mais racontez-nous la suite », « Emprisonnez-les tous ».

D’abord, l’affaire – toutes celles qui ont défrayé la chronique –, fait grand bruit sans que personne ne s’y attende. Déchaînant une vague de réactions à 1 000 vues et 1 000 commentaires en quelques heures sur les réseaux sociaux. Si c’était une chanson, un « Paranoïd » (1970) de Black Sabbath se rapprocherait de l’entrée en matière. Efficace, brutal et angoissant. Au fur et à mesure que « Facebook » s’en empare, la chanson vire à une sorte de tragi-comédie digne d’un « Bohemian Rhapsody » (1975) de Queen. Une fusion des registres à travers laquelle l’ironie « facebookienne » opère. « Rien que du cinéma », « Bref, un petit geste tandis que les gros trafics passent », « Quand ce sont des étrangers que nous connaissons tous, le trafic passe sans encombre », « Scénario 1 ou 2 ? ». Voilà, en substance, la réaction d’un pan d’usagers des écrans et des pixels. Et ce ne sont pas des internautes qui se cachent derrière un faux profil. Bonjour la confiance d’une partie de l’opinion « numérique », à ne pas traiter d’imbéciles, envers l’administration. Parce qu’à la fin, cette petite musique se referme souvent sur un arrière-goût de « déjà-vu ». En passant, la panique force des déclarations ministérielles en tout genre, avec la mine renfrognée d’un responsable joufflu. Leur discours ressemble à s’y méprendre à une sorte de mécanique kafkaïenne distillant déjà l’oubli.

Pour le côté sensoriel, « A Day in the Life » (1967) des Beatles résumerait la finale de la petite musique. Une résonance mourante, l’art de créer, sans le vouloir, une claustrophobie sociale. Bien sûr, la morale politicienne, depuis que Madagascar a plongé dans la pauvreté extrême, souhaite que tout s’oublie, sauf les gesticulations et les « Merci Président ! ».

Maminirina Rado

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