
Le déclin des options scientifiques dans le second cycle de l’enseignement secondaire à Madagascar est une réalité préoccupante déjà soulevé par les enseignants des matières scientifiques au lycée. Selon les statistiques, la proportion d’élèves inscrits dans les séries scientifiques ne cesse de baisser
En 2025, la proportion des élèves inscrits dans les séries scientifiques au baccalauréat se situait autour de 18,7%. Un pourcentage montrant une baisse par rapport aux quatre années précédentes : 20% en 2023 et 2024 ; 20,35% en 2022 et 22,28% en 2021. Parmi les causes principales de ce déclin continu figure la pénurie et le manque de qualification d’une bonne partie des enseignants. En effet, le système éducatif malgache manque cruellement d’enseignants qualifiés, particulièrement dans les matières scientifiques et techniques.
Par ailleurs, le manque d’infrastructures et d’équipements, notamment dans les lycées publics, est un frein au développement de l’enseignement des matières scientifiques et freine les performances des élèves ainsi que leur enthousiasme dans l’apprentissage de ces matières. L’enseignement scientifique requiert des travaux pratiques ainsi que la disponibilité de laboratoires et d’outils numériques. Or, ces équipements de base font cruellement défaut dans la grande majorité des lycées où les classes déjà en surcharge d’effectifs, limitent les possibilités d’apprentissage plus individualisé des élèves.
S’y ajoute une perception de la difficulté dans les séries scientifiques. En série C où les mathématiques et les sciences physiques représentent le socle, cette voie est perçue par les élèves comme difficile et inaccessible. Elle est, en revanche, considérée comme plus valorisante car le peu d’élèves qui optent pour la série C et y réussissent avec une mention au baccalauréat, sont considérés comme des élites.
La démarche de modernisation du système éducatif malgache inclut la suppression des séries « traditionnelles » A,C et D dans l’enseignement général au baccalauréat et leur remplacement par trois nouvelles séries L, S et OSE (Organisation, Société, Economie). Actuellement au cœur d’une polémique et faisant l’objet d’une levée de boucliers, notamment de la part de l’enseignement privé réclamant davantage de mesures d’accompagnement, ce changement reste, pour le moment, maintenu.
Hanitra R.


