
Afin de faire face aux défis structurels, techniques et socio-économiques de l’état-civil à Madagascar, le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation intensifie la formation des acteurs territoriaux. Portée par l’INDDL avec le soutien stratégique de l’OIF, cette dynamique d’harmonisation a déjà porté ses fruits dans treize régions du pays.
Dans le sillage du Programme de mise en œuvre de la Politique générale de l’État pour la Refondation, Madagascar franchit une étape décisive. La modernisation de l’administration ne relève plus de la simple ambition, mais d’une stratégie globale articulée autour de l’universalité et de la gratuité de l’enregistrement des faits d’état-civil. En rapprochant les services des citoyens au niveau des fokontany, le pays mise sur la digitalisation, la simplification des démarches et l’interopérabilité des services. Cette vision audacieuse s’inscrit en parfaite harmonie avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine ainsi qu’avec l’Objectif de développement durable n° 16.9, qui consacre le droit fondamental à une identité juridique pour chaque citoyen.

Coopération
Au cœur de cette transformation administrative, l’Institut national de décentralisation et de développement local (INDDL) joue un rôle moteur. Rattaché au ministère de l’Intérieur et façonné par des réformes successives depuis sa création par le décret de mai 2011 et sa réorganisation en mars 2018, cet organisme pilote la montée en compétences des agents territoriaux avec une rigueur affirmée. Depuis 2021, cet élan bénéficie du soutien précieux et stratégique de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette coopération fructueuse a permis de doter le pays d’outils de référence indispensables, à l’instar de la circulaire de gestion et du manuel national des formateurs, garantissant ainsi l’harmonisation des procédures et la sécurité juridique des actes.

Treize régions
Après avoir étendu ses actions probantes dans treize régions du pays, la dynamique poursuit son cours avec une feuille de route claire. L’INDDL ambitionne de pérenniser ces acquis à travers des sessions de formation intensives. Pour l’année 2026, cinq régions ont pu en bénéficier : Fitovinany, la Diana, l’Ihorombe, l’Alaotra-Mangoro. Boeny a clôturé le cycle de formation 2026. Au total, ce sont 380 acteurs clés répartis dans 12 districts et couvrant 184 communes qui ont bénéficié de ces programmes de renforcement des capacités, étalés sur trois jours par site. La répartition témoigne d’une couverture équilibrée, avec 64 participants dans l’Alaotra-Mangoro pour 31 communes, 140 dans le Fitovinany sur 69 communes, 52 dans l’Ihorombe pour 25 communes, 50 dans la Diana au sein de 24 communes, et enfin 74 dans le Boeny à travers 35 communes. Ces sessions ont rassemblé les officiers et secrétaires d’état-civil communaux, épaulés par les cadres des districts pour garantir un suivi de proximité pérenne.

Dépasser la routine pour viser l’excellence opérationnelle
Au-delà de la simple mise à niveau technique, ces sessions de formation constituent un véritable tournant culturel pour les praticiens. Les officiers et secrétaires d’état-civil ont l’opportunité de prendre du recul face à leurs tâches quotidiennes pour consolider leur maîtrise des missions essentielles. Grâce à des ateliers interactifs, des études de cas concrets et des échanges d’expériences riches, les participants affûtent leur rigueur dans l’établissement des actes, l’archivage sécurisé et la protection des données personnelles. L’amélioration de la qualité de l’accueil et la préparation minutieuse au futur enrôlement biométrique de la population figurent également au premier plan des priorités pédagogiques. Ces espaces d’échange favorisent le réseautage et la mutualisation des bonnes pratiques entre professionnels de terrain.

Vers une administration de proximité transparente et inclusive
En fin de compte, l’ensemble de ces efforts convergents vise à transformer durablement le service public rendu aux usagers. Mieux armés sur le plan technique et pleinement conscients de l’impact sociétal de leur engagement, les agents regagnent leurs postes respectifs avec des ressources renouvelées et une confiance renforcée. Ils incarnent désormais une administration plus performante, capable de répondre avec célérité, clarté et efficacité aux attentes légitimes des citoyens. Protéger les droits de chaque enfant malgache, garantir la transparence et bâtir les fondations solides d’une citoyenneté moderne ne sont plus de simples vœux pieux, mais une réalité quotidienne en construction à travers tout Madagascar. « L’état-civil est le point de départ de l’identité de chaque personne. Cela m’a apporté de nouvelles compétences professionnelles et m’a permis de mieux maîtriser le contenu de la loi relative à l’état-civil. Nous allons également renforcer la sensibilisation pour que les parents fassent établir un acte de naissance pour les nouveau-nés », témoigne Natoky Jean Paulin, secrétaire d’état-civil auprès de la commune urbaine d’Ambato-Boeny.
Narindra Rakotobe


