Douze porteurs de projets malgaches entrent en préincubation dans le cadre du projet ExPLOI (Expédition Plastique Océan Indien (ExPLOI)). Lancée le 16 septembre à Antananarivo par la Commission de l’océan Indien, cette nouvelle étape doit permettre de faire émerger des modèles capables de conjuguer lutte contre la pollution, création de valeur et viabilité économique.
Collecter, trier, recycler, fabriquer des matériaux de construction ou trouver des alternatives aux plastiques à usage unique : les douze initiatives présélectionnées couvrent plusieurs maillons de l’économie circulaire et proviennent notamment de plusieurs régions du pays comme Antananarivo, Antsiranana, Mahajanga, Anosy ou encore Toamasina. Elles sont portées aussi bien par de jeunes entrepreneurs que par des associations et des PME. Le défi dépasse cependant la pertinence environnementale des solutions. Pour changer d’échelle, ces initiatives doivent parvenir à sécuriser leur approvisionnement en déchets, maîtriser leurs coûts, trouver des débouchés et construire des modèles économiques suffisamment solides pour durer au-delà des financements extérieurs.
Jusqu’à l’incubation, la préincubation doit précisément permettre aux douze porteurs de consolider leurs modèles économiques et leurs capacités. Au moins trois projets accéderont à l’incubation finale et pourront bénéficier chacun d’une subvention allant jusqu’à 50 000 euros, avec un cofinancement représentant 50 % du coût total du projet. Cette dimension entrepreneuriale s’appuie parallèlement sur la recherche. Le projet ExPLOI a d’ailleurs consolidé ses partenariats avec l’IRD et l’Institut halieutique et des sciences marines de l’Université de Toliara. Les travaux portent notamment sur les microplastiques dans les zones de pêche, leur écotoxicité, les récifs coralliens ou encore leurs impacts sur l’aquaculture côtière. L’enjeu est ainsi de relier deux mondes encore souvent séparés : celui de comprendre scientifiquement la pollution et celui de construire des solutions économiquement viables pour la réduire.
José Belalahy


