5 000 à 7 000 places. C’est selon qu’on compte ou pas les spectateurs – principalement des fans – debout dans la fosse située en contrebas de la scène.
Ils sont venus, ils ont entendu
La capacité du Palais des Sports (et de la Culture soit dit en passant) est six fois inférieure au nombre de followers de Reko, qui a été attendu et entendu hier par ceux et celles qui ont pu acheter des billets. Un concert à guichets fermés mais avec les oreilles grandes ouvertes pour écouter le groupe de folk progressif, dont la playlist n’est pas figée puisque tous les morceaux se valent. C’est un peu au feeling, tant du groupe que du public, qui a rempli la plus grande salle de spectacle de la capitale pour la seconde fois en l’espace d’un an. La première fois, c’était en décembre dernier, à l’occasion des cinq ans de scène de Reko, qui était égal à lui-même, avec son style acoustique qui ne lasse jamais ses fans, quoiqu’il y ait immanquablement du déjà… entendu. Et ce, en dépit d’un répertoire assez riche qui a fait le plaisir des spectateurs qui sont venus et entendus. Un public composé majoritairement de jeunes, pour ne pas dire de Génération Ceci ou de Génération Cela, car il ne s’agit point de politique-spectacle, malgré le mélange de musique et de mots, voire même de « maux », de la société actuelle. Pour ne citer que « Rotoroto », un titre à la mesure du quotidien de bon nombre de Malgaches, qui ne vivent plus au rythme du « moramora ». À l’image des spectateurs du groupe, qui marchaient à grands pas, presque en courant, comme si des billets étaient encore disponibles à l’entrée du Palais des Sports, où il n’y avait pas non plus une seule place de libre sur tous les parkings du stade Barea. Même le trottoir longeant le mur de clôture était occupé par une longue file de véhicules qui auraient fait l’affaire – au propre comme au figuré – de la Commune urbaine d’Antananarivo avec ses taquets d’arrêt, si ce n’était pas un dimanche. Bon nombre d’automobilistes, surtout ceux qui viennent ramener et/ou chercher des enfants dans les établissements scolaires alentour, souhaitent que pareille trêve dominicale soit étendue aux jours ouvrables. Reste à savoir s’ils seront écoutés et entendus par les responsables, comme le souhaite le peuple.
R.O


