
Le viol constitue une grave atteinte à l’intégrité, à la dignité et aux droits fondamentaux de la personne, avec des conséquences physiques, psychologiques et socio-économiques profondes et durables pour les survivantes. Au-delà de la violence subie, les survivantes sont souvent confrontées au silence, à la stigmatisation, à la peur et à de nombreux obstacles lorsqu’elles cherchent à obtenir de l’aide. Et lorsqu’elles décident de porter plainte, leur parcours devrait être celui de la protection, de l’accompagnement et de la justice. Pourtant, dans de nombreux cas, ce parcours demeure semé d’obstacles, malgré l’existence d’un cadre juridique visant à traiter les affaires de viol et à lutter contre les violences basées sur le genre. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet : « Strengthening the Implementation of Rape Laws in Madagascar », coordonné par Dina Fanoharana Randrianaivojaona et financé par Equality Now, une organisation internationale de défense des droits humains qui œuvre en faveur d’un changement juridique et systémique pour mettre fin aux discriminations à l’égard des femmes et des filles dans le monde.
Consultation
Le projet vise à identifier les écarts entre les textes, les pratiques nationales et les normes régionales et internationales en matière de droits humains et de protection contre les violences sexuelles. Il est mis en œuvre à travers une consultation des parties prenantes, un forum multi-acteurs et une formulation de recommandations destinées à alimenter un document de plaidoyer pour un meilleur accès à la justice des survivantes. La consultation a réuni des acteurs clés de la chaîne de traitement des affaires de viol, notamment des magistrats, des représentants du ministère de la Population, de l’Assemblée nationale, du FNUAP, des forces de police, du Centre Vonjy, de la société civile, ainsi que des structures accompagnant les survivantes, permettant de croiser les perspectives institutionnelles, judiciaires, communautaires et de protection. Les participants ont salué l’importance de cette démarche, qui a offert un véritable espace de dialogue entre les acteurs.
Une loi, aussi importante soit-elle, ne produit pleinement ses effets que lorsqu’elle est effectivement comprise, appliquée et accessible à celles et ceux qu’elle est destinée à protéger. La YWCA Madagascar adresse ses sincères remerciements à l’OHCHR Madagascar pour son accompagnement constant, à l’ONDH pour son précieux apport, ainsi qu’à Equality Now, pour sa confiance et son soutien continu dans la mise en œuvre de cette importante initiative.
Narindra Rakotobe


